uZine 3

Accueil > ... > Forum 107

> L’Internet solidaire expliqué à ma fille

29 septembre 2000, 09:45, par Olivier Zablocki

De ce point de vue les protocoles Internet, universels ou pas, n’y changeront pas grand chose.

J’ai simplement dit que le protocole qui fonde l’Internet n’était pas la cause des déséquilibres ; en voilà des manières de faire dire aux gens ce qu’ils n’ont pas dit.

Je reconnais bien volontiers, c’est d’ailleurs le seul sujet qui m’intéresse, que pour le moment le « fossé numérique » comme certains l’ont déjà désigné se creuse chaque jour un peu plus. A la place de l’Internet annoncé qui semblait porteur d’une meilleure répartition des chances entre les différentes composantes de la société, d’une meilleure répartition des équilibres entre les territoires, voici que nous laissons s’installer une société de l’information injuste.

Il n’est pas trop tard pour réagir si l’on veut bien dès maintenant prendre en compte l’immense besoin de formation qu’il est nécessaire de produire pour permettre aux différents acteurs de la société civile de participer en conscience à une aventure économique, sociale et culturelle sans précédent, c’est à dire une aventure politique dont nous ne pouvons laisser les orientations quotidiennes se décider uniquement dans la sphère économique et sans réelle participation démocratique.

Je ne me vois pas en disant cela « éructer » contre les « marchands du net ». La distinction entre marchand et non marchand n’est pas dans mon vocabulaire. La formule « internet non marchand », par exemple, m’a toujours personnellement semblé absurde et dépourvue de sens, je l’ai souvent dit et dans ces pages en particulier. Tu te trompes donc de cible, l’ami, mais peut-être est-ce parce que tu vises autre chose sans en avoir l’air. Je vois bien la ligne de partage qui existe entre nous, elle est intéressante, elle recouvre des choix politiques différents ; ce ne serait pas dommage de l’expliciter au lieu de personnaliser aussi systématiquement le débat.

Au passage, inutile de me donner pompeusement du « Monsieur Zablocki », je t’autorise à m’appeler Olivier.