N’ayant pas le loisir de te connaître, l’idée de t’appeler par ton prénom ne m’était logiquement pas
venue à l’esprit. Je ne vois donc pas en quoi cette attitude peut être qualifiée de "pompeuse". Sans
doute ta remarque tient-elle à de nouveaux modes "civilité" propres à la "cyberculture" dont je n’ai pas
encore été "affranchi". Mais permet-moi au moins de ne pas connaître toutes les subtilités de votre
univers. Quoiqu’il en soit, cela ne me dérange pas, si ça te fait plaisir, de te donner de l’Olivier.
D’ailleurs pendant qu’on y ait, pourquoi ne pas s’essayer au tutoiement ? Mais n’hésite pas à me rappeler
à l’ordre si ce n’est pas dans les moeurs du "web indépendant".
Ceci dit, jetons un oeil sur ta réponse.
"J’ai simplement dit que le protocole qui fonde l’Internet n’était pas la cause des déséquilibres"
Certes, cher Olivier, mais je ne comprends toujours pas ce que ce protocole vient faire dans notre
histoire. Je ne crois pas avoir critiqué le protocole dans mon premier message. D’ailleurs, c’est plutôt toi
qui me reproche d’être trop protocolaire.
"A la place de l’Internet annoncé qui semblait porteur d’une meilleure répartition des chances entre les
différentes composantes de la société, d’une meilleure répartition des équilibres entre les territoires,
voici que nous laissons s’installer une société de l’information injuste."
En effet, cher Olivier, le fossé numérique se creuse. Mais franchement, comment s’imaginer qu’il aurait
pu en être autrement. Internet n’est pas tombé du ciel ? Il a été imaginé, est né et a grandi dans une
société libérale. Comment s’étonner qu’il reproduise et amplifie la perversité d’un système dont
personne n’a jamais prétendu qu’il était égalitaire (pas même Alain Minc, c’est pour te dire !) ?.
"Il n’est pas trop tard pour réagir si l’on veut bien dès maintenant prendre en compte l’immense
besoin de formation qu’il est nécessaire de produire pour permettre aux différents acteurs de la société
civile de participer en conscience à une aventure économique, sociale et culturelle sans précédent, c’est
à dire une aventure politique dont nous ne pouvons laisser les orientations quotidiennes se décider
uniquement dans la sphère économique et sans réelle participation démocratique."
Je ne vois pas bien de quelle formation tu veux parler. Si tu fais allusion à une formation culturelle et
politique pour inciter les citoyens à intervenir plus efficacement dans le débat public et à faire valoir le
bien commun face aux intérêts particuliers d’une petite (cyber)élite, alors, oui, nous sommes d’accord.
En tout, Je n’ose pas imaginer un instant que tu puisses croire que l’on pourrait réduire le "fossé
numérique" en proposant aux individus (lesquels ?) une simple formation technique. A moins que tu
penses qu’il suffise de mettre des gens devant un ordinateur relié à Internet avec un mode d’emploi pour
leur donner le goût de la chose publique.Mais je n’ose pas imaginer que tu puisses faire preuve d’une
telle naïveté.
Non pas que je m’oppose à toute idée de formation technique des volontaires, bien au contraire. Mais je
ne vois vraiment pas en quoi cela permettrait de régler la question des inégalités face au développement
du réseau. Les choix politiques les plus déterminants en matière de développement des technologies
nouvelles se font avant tout en amont des usages ? Je ne crois pas beaucoup aux politiques
d’accompagnement.
"Je ne me vois pas en disant cela « éructer » contre les « marchands du net »."
Il m’a pourtant semblé que les "friconautes" étaient une cible de choix des "amis du portail". Avec des
discours du genre : "Internet c’est pas eux, c’est nous ! Mais bon, cela n’a pas grande importance.
"La distinction entre marchand et non marchand n’est pas dans mon vocabulaire."
A ce petit jeu, on pourrait aussi gloser pendant des heures sur la distinction entre le "web indépendant"
et celui qui ne le serait pas. Mais bon, tu as raison, les dichotomies sont toujours un peu réductrices ou
arbitraires.
"La formule « internet non marchand », par exemple, m’a toujours personnellement semblé absurde et
dépourvue de sens, je l’ai souvent dit et dans ces pages en particulier."
Figure-toi qu’il m’arrive de me faire la même réflexion sur celle de "web indépendant". Comme quoi, il
arrive que nos interrogations se rejoignent.
"Je vois bien la ligne de partage qui existe entre nous, elle est intéressante, elle recouvre des choix
politiques différents ; ce ne serait pas dommage de l’expliciter au lieu de personnaliser aussi
systématiquement le débat."
Pourquoi tu parles de personnalisation du débat ? J’avoue ne pas comprendre.
Quant à la ligne de partage dont tu parles, ne connaissant pas précisément la nature de tes idées
politiques, je t’avoue là aussi que j’ai quelques difficultés à la repérer. Mais n’hésite pas à m’éclairer sur
ce point.
Au passage, inutile de me donner pompeusement du « Monsieur Zablocki », je t’autorise à m’appeler
Olivier.
Appelle-moi Pascal !
PS : si la rhétorique arrogante, mythologique et parfois truffée d’allusions gratuites de certains acteurs
du Minirezo (je ne les lis pas tous) m’exaspère de temps en temps, il n’en reste pas moins que l’initiative
de la création de cet espace de publication me paraît être une excellente chose. J’éprouve beaucoup de
plaisir à la lecture des articles d’uZine2. Je les trouve parfois drôles, souvent jubilatoires et toujours
stimulants. Afin de terminer cette discussion sur une petite note positive, je souhaitais vous féliciter pour
cette initiative.
Cher Olivier,
N’ayant pas le loisir de te connaître, l’idée de t’appeler par ton prénom ne m’était logiquement pas
venue à l’esprit. Je ne vois donc pas en quoi cette attitude peut être qualifiée de "pompeuse". Sans
doute ta remarque tient-elle à de nouveaux modes "civilité" propres à la "cyberculture" dont je n’ai pas
encore été "affranchi". Mais permet-moi au moins de ne pas connaître toutes les subtilités de votre
univers. Quoiqu’il en soit, cela ne me dérange pas, si ça te fait plaisir, de te donner de l’Olivier.
D’ailleurs pendant qu’on y ait, pourquoi ne pas s’essayer au tutoiement ? Mais n’hésite pas à me rappeler
à l’ordre si ce n’est pas dans les moeurs du "web indépendant".
Ceci dit, jetons un oeil sur ta réponse.
"J’ai simplement dit que le protocole qui fonde l’Internet n’était pas la cause des déséquilibres"
Certes, cher Olivier, mais je ne comprends toujours pas ce que ce protocole vient faire dans notre
histoire. Je ne crois pas avoir critiqué le protocole dans mon premier message. D’ailleurs, c’est plutôt toi
qui me reproche d’être trop protocolaire.
"A la place de l’Internet annoncé qui semblait porteur d’une meilleure répartition des chances entre les
différentes composantes de la société, d’une meilleure répartition des équilibres entre les territoires,
voici que nous laissons s’installer une société de l’information injuste."
En effet, cher Olivier, le fossé numérique se creuse. Mais franchement, comment s’imaginer qu’il aurait
pu en être autrement. Internet n’est pas tombé du ciel ? Il a été imaginé, est né et a grandi dans une
société libérale. Comment s’étonner qu’il reproduise et amplifie la perversité d’un système dont
personne n’a jamais prétendu qu’il était égalitaire (pas même Alain Minc, c’est pour te dire !) ?.
"Il n’est pas trop tard pour réagir si l’on veut bien dès maintenant prendre en compte l’immense
besoin de formation qu’il est nécessaire de produire pour permettre aux différents acteurs de la société
civile de participer en conscience à une aventure économique, sociale et culturelle sans précédent, c’est
à dire une aventure politique dont nous ne pouvons laisser les orientations quotidiennes se décider
uniquement dans la sphère économique et sans réelle participation démocratique."
Je ne vois pas bien de quelle formation tu veux parler. Si tu fais allusion à une formation culturelle et
politique pour inciter les citoyens à intervenir plus efficacement dans le débat public et à faire valoir le
bien commun face aux intérêts particuliers d’une petite (cyber)élite, alors, oui, nous sommes d’accord.
En tout, Je n’ose pas imaginer un instant que tu puisses croire que l’on pourrait réduire le "fossé
numérique" en proposant aux individus (lesquels ?) une simple formation technique. A moins que tu
penses qu’il suffise de mettre des gens devant un ordinateur relié à Internet avec un mode d’emploi pour
leur donner le goût de la chose publique.Mais je n’ose pas imaginer que tu puisses faire preuve d’une
telle naïveté.
Non pas que je m’oppose à toute idée de formation technique des volontaires, bien au contraire. Mais je
ne vois vraiment pas en quoi cela permettrait de régler la question des inégalités face au développement
du réseau. Les choix politiques les plus déterminants en matière de développement des technologies
nouvelles se font avant tout en amont des usages ? Je ne crois pas beaucoup aux politiques
d’accompagnement.
"Je ne me vois pas en disant cela « éructer » contre les « marchands du net »."
Il m’a pourtant semblé que les "friconautes" étaient une cible de choix des "amis du portail". Avec des
discours du genre : "Internet c’est pas eux, c’est nous ! Mais bon, cela n’a pas grande importance.
"La distinction entre marchand et non marchand n’est pas dans mon vocabulaire."
A ce petit jeu, on pourrait aussi gloser pendant des heures sur la distinction entre le "web indépendant"
et celui qui ne le serait pas. Mais bon, tu as raison, les dichotomies sont toujours un peu réductrices ou
arbitraires.
"La formule « internet non marchand », par exemple, m’a toujours personnellement semblé absurde et
dépourvue de sens, je l’ai souvent dit et dans ces pages en particulier."
Figure-toi qu’il m’arrive de me faire la même réflexion sur celle de "web indépendant". Comme quoi, il
arrive que nos interrogations se rejoignent.
"Je vois bien la ligne de partage qui existe entre nous, elle est intéressante, elle recouvre des choix
politiques différents ; ce ne serait pas dommage de l’expliciter au lieu de personnaliser aussi
systématiquement le débat."
Pourquoi tu parles de personnalisation du débat ? J’avoue ne pas comprendre.
Quant à la ligne de partage dont tu parles, ne connaissant pas précisément la nature de tes idées
politiques, je t’avoue là aussi que j’ai quelques difficultés à la repérer. Mais n’hésite pas à m’éclairer sur
ce point.
Au passage, inutile de me donner pompeusement du « Monsieur Zablocki », je t’autorise à m’appeler
Olivier.
Appelle-moi Pascal !
PS : si la rhétorique arrogante, mythologique et parfois truffée d’allusions gratuites de certains acteurs
du Minirezo (je ne les lis pas tous) m’exaspère de temps en temps, il n’en reste pas moins que l’initiative
de la création de cet espace de publication me paraît être une excellente chose. J’éprouve beaucoup de
plaisir à la lecture des articles d’uZine2. Je les trouve parfois drôles, souvent jubilatoires et toujours
stimulants. Afin de terminer cette discussion sur une petite note positive, je souhaitais vous féliciter pour
cette initiative.
Voir en ligne : > L’Internet solidaire expliqué à ma fille