Je suis désolé de manifester une nouvelle fois mon scepticisme mais j’avoue que ta métaphore sur la
circulation maritime ne me satisfait pas vraiment.
Toutefois, avant d’en venir sur ce point, je souhaiterais d’abord réagir à d’autres aspects de ton
dernier message
" Je ne crois pas me tromper en affirmant que IRIS prend
l’Etat comme interlocuteur principal dans sa défense et
illustration de l’Internet solidaire. C’est de l’Etat
et de lui seul que IRIS exige un certain nombre de
dispositions, d’ajustements, etc."
Certes IRIS insiste beaucoup sur la responsabilité des pouvoirs publics à la fois dans les modalités
mêmes du développement du net et dans l’aménagement nécessaire de notre appareil législatif en
relation avec ce processus. Mais je crois d’une part que le plus grand défi lié au développement de
ce réseau se pose précisément sur ce terrain là et d’autre part qu’on ne peut déduire d’une telle
attitude qu’IRIS adopterait une position selon laquelle tout repose sur l’État. Je n’imagine pas une
seule seconde par exemple qu’IRIS s’opposerait à toute forme d’usage citoyen du réseau pour
contrebalancer le développement consumériste de ce dernier. D’ailleurs j’imagine que la création
d’INMS-L et l’ organisation de la réunion annuelle de l’Internet solidaire et non marchand est au
moins en partie conçue pour mobiliser les énergies et inciter les gens à agir à leur niveau respectif.
Venons-en maintenait au recours que tu fais à la métaphore du "Phare" pour illustrer la différence qui
vous sépare d’IRIS dans la manière d’envisager le développement du Net.
Tout d’abord, permet-moi de regretter que tu n’aies pas procéder à l’évocation d’exemples concrets
de désaccords avec IRIS. Pourtant cela m’aurait sans doute beaucoup plus aidé à comprendre la
nature de vos divergences que ce recours à une métaphore dont le caractère pédagogique me paraît
pour le moins douteux.
Douteux pour deux raisons. D’une part, j’avoue ne pas bien connaître les particularités de la
circulation maritime. D’autre part, le recours à la métaphore présente immanquablement le grand
défaut de laisser plus de questions en suspens que d’en résoudre. C’est pourquoi il me semble
nécessaire de toujours recourir à un raisonnement ou une démonstration plutôt que ce type de
procédé rhétorique.
Je me contenterai donc d’une seule remarque au sujet de ce parallèle entre le phare et Internet. A
mon avis, la grande différence entre les deux tient au fait que, dans le premier cas, les compagnies
privées avaient un intérêt bien compris pour construire ou participer à la construction de ces phares
indépendamment du fait de savoir dans quelles conditions d’autres qu’eux allaient en profiter (en
l’occurrence, apparemment gratuitement).
Je crois que cette remarque suffit à elle seule à expliquer pourquoi la construction des phares
pouvaient éventuellement être entreprise sans que les États y jouent nécessairement un rôle
prépondérant.
Dans le cas d’Internet, les choses me paraissent par contre bien différentes. En effet, si le
développement du réseau est laissée à la seule initiative privée, alors les entreprises en favoriseront le
développement partout où ils en auront intérêt. Or on sait que leur intérêt s’étend, et se limite dans le
même mouvement, à l’ensemble des foyers solvables. Cela signifie concrètement que les personnes
non solvables ou les zones géographiques non rentables seront délaissées par les acteurs privées.
C’est précisément pour cette raison que les pouvoirs publics (Etats, collectivités territoriales, etc.) ont
un rôle considérable à jouer. C’est, je crois, ce que demande IRIS. Et je ne vois pas comment on
pourrait leur donner tort.
Amicalement, Pascal.
PS1 : je pense qu’il serait plus judicieux de continuer cette petite discussion sur INMS-L. Cela ferait
un peu moins ghetto qu’à la fin d’un article publié sur uZine2. En plus cela permettrait aux membres
de cette association d’intervenir directement dans une discussion qui les concerne directement.
PS2 : apparemment tu sembles être porteur d’un projet en relation avec l’appel d’offre de l’ami La
Scouette. Je serais curieux d’en connaître les détails. Ou peut-on se renseigner pour en savoir plus ?
Je suis aller sur le site de Radiophare et n’ai rien trouvé sur le sujet.
Salut Olivier,
Je suis désolé de manifester une nouvelle fois mon scepticisme mais j’avoue que ta métaphore sur la
circulation maritime ne me satisfait pas vraiment.
Toutefois, avant d’en venir sur ce point, je souhaiterais d’abord réagir à d’autres aspects de ton
dernier message
" Je ne crois pas me tromper en affirmant que IRIS prend
l’Etat comme interlocuteur principal dans sa défense et
illustration de l’Internet solidaire. C’est de l’Etat
et de lui seul que IRIS exige un certain nombre de
dispositions, d’ajustements, etc."
Certes IRIS insiste beaucoup sur la responsabilité des pouvoirs publics à la fois dans les modalités
mêmes du développement du net et dans l’aménagement nécessaire de notre appareil législatif en
relation avec ce processus. Mais je crois d’une part que le plus grand défi lié au développement de
ce réseau se pose précisément sur ce terrain là et d’autre part qu’on ne peut déduire d’une telle
attitude qu’IRIS adopterait une position selon laquelle tout repose sur l’État. Je n’imagine pas une
seule seconde par exemple qu’IRIS s’opposerait à toute forme d’usage citoyen du réseau pour
contrebalancer le développement consumériste de ce dernier. D’ailleurs j’imagine que la création
d’INMS-L et l’ organisation de la réunion annuelle de l’Internet solidaire et non marchand est au
moins en partie conçue pour mobiliser les énergies et inciter les gens à agir à leur niveau respectif.
Venons-en maintenait au recours que tu fais à la métaphore du "Phare" pour illustrer la différence qui
vous sépare d’IRIS dans la manière d’envisager le développement du Net.
Tout d’abord, permet-moi de regretter que tu n’aies pas procéder à l’évocation d’exemples concrets
de désaccords avec IRIS. Pourtant cela m’aurait sans doute beaucoup plus aidé à comprendre la
nature de vos divergences que ce recours à une métaphore dont le caractère pédagogique me paraît
pour le moins douteux.
Douteux pour deux raisons. D’une part, j’avoue ne pas bien connaître les particularités de la
circulation maritime. D’autre part, le recours à la métaphore présente immanquablement le grand
défaut de laisser plus de questions en suspens que d’en résoudre. C’est pourquoi il me semble
nécessaire de toujours recourir à un raisonnement ou une démonstration plutôt que ce type de
procédé rhétorique.
Je me contenterai donc d’une seule remarque au sujet de ce parallèle entre le phare et Internet. A
mon avis, la grande différence entre les deux tient au fait que, dans le premier cas, les compagnies
privées avaient un intérêt bien compris pour construire ou participer à la construction de ces phares
indépendamment du fait de savoir dans quelles conditions d’autres qu’eux allaient en profiter (en
l’occurrence, apparemment gratuitement).
Je crois que cette remarque suffit à elle seule à expliquer pourquoi la construction des phares
pouvaient éventuellement être entreprise sans que les États y jouent nécessairement un rôle
prépondérant.
Dans le cas d’Internet, les choses me paraissent par contre bien différentes. En effet, si le
développement du réseau est laissée à la seule initiative privée, alors les entreprises en favoriseront le
développement partout où ils en auront intérêt. Or on sait que leur intérêt s’étend, et se limite dans le
même mouvement, à l’ensemble des foyers solvables. Cela signifie concrètement que les personnes
non solvables ou les zones géographiques non rentables seront délaissées par les acteurs privées.
C’est précisément pour cette raison que les pouvoirs publics (Etats, collectivités territoriales, etc.) ont
un rôle considérable à jouer. C’est, je crois, ce que demande IRIS. Et je ne vois pas comment on
pourrait leur donner tort.
Amicalement, Pascal.
PS1 : je pense qu’il serait plus judicieux de continuer cette petite discussion sur INMS-L. Cela ferait
un peu moins ghetto qu’à la fin d’un article publié sur uZine2. En plus cela permettrait aux membres
de cette association d’intervenir directement dans une discussion qui les concerne directement.
PS2 : apparemment tu sembles être porteur d’un projet en relation avec l’appel d’offre de l’ami La
Scouette. Je serais curieux d’en connaître les détails. Ou peut-on se renseigner pour en savoir plus ?
Je suis aller sur le site de Radiophare et n’ai rien trouvé sur le sujet.
Voir en ligne : http://www.minirezo.net/article115.html