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Ressouvenir & apprentissage, le coup de la torpille

25 janvier 2003, 15:34, par Lirresponsable

Si l’usage dépend de l’éducation reçue, et que celle ci est en l’espèce l’enseignement de la vertu, on ne voit pas très bien d’où viendrait le développement du sujet,

L’usage ne dépend pas uniquement de l’éducation reçue, il n’y a pas de réductionnisme dans nos propos ; que celle-ci s’intitule vertueuse est une limitation habituelle, puisque le pédagogue ne va pas revendiquer ouvertement l’enseignement du vice (rôle de la norme sociale) ou une mauvaise éducation (sinon il perd ses clients). Il y a effectivement des normes et des pratiques qui sont reçues, à travers l’outil, et de domaines préexistants à l’outil (citer ses sources par exemple ; cf. le lien sur l’hypertexte). De même l’outil conditionne un certain type d’usages par sa forme et sa finalité. Il nécessite d’ailleurs une formation, ou un apprentissage.

Ainsi le discours de Finkielkraut est conditionné par l’opposition livre/Internet, sans doute parce qu’il s’agit de sa formation (ce avec quoi et en vue de quoi il a été éduqué, selon une axiologie qu’il a adoptée). Pour lui, l’outil Internet ne participe pas de l’éducation. Avec toujours l’argument caricatural (imaginaire dans son essai) du remplacement pur et simple de l’enseignement par l’agitation multimédia.

Au contraire, cet objet technique qu’est Internet est culturel et participe du développement du sujet (la formation est continue :)). Cette séparation technique/culture a d’ailleurs un lointain écho de forêt noire (Wissenschaft denkt nicht), i.e. que la conception instrumentale de la technique (en faire un ensemble d’outils relevant d’usages) ne pense pas l’essence de la technique. D’où le délire sur la noyade du livre développé par Finkielkraut, sans doute une crue du Rhin pro-voquée par un barrage électrique...

because tout ça ne serait qu’inéluctable effet d’inculcation, et indéfinie répétition des mêmes schèmes, par des sujets finis précocément.

Oui c’est le discours des sophistes, mais cette fois comme Calliclès, l’éducation = dressage et domestication des jeunes fauves que les faibles, (qui font les lois), endorment et neutralisent avec leur doctrine de l’égalitarisme. Du formatage.

Ce qui est amusant, Finkielkraut en vient lui aussi à critiquer l’usage du Net en fonction d’une prétendue hiérarchie naturelle (de l’ordre de la Nature) : le Net est mauvais car il joue sur l’illusion que chacun est auteur. A la fois sur un plan littéraire (auteur de livres) et politique (auteur de son organisation). Et il s’agit dans ses conditions d’établir des lois (nomos) qui illustrent la nature (phusis)...

Z’avez pas un pti coup d’aliénation en sus

Si, si on a ça en stock ! :)) le modèle médiatique comme anti-éducation formatrice (tm).