[...] un problème qui
n’aurait à vos yeux aucun"caractère massif" sans que vous apportiez le
moindre indice corroborant votre hypothèse. C’est d’autant plus regrettable
que Breton s’appuie quant à lui sur un certain nombre de données chffrées
extraite du rapport susmentionné.
Que lis-je donc dans le rapport susmentionné ? :
A l’époque, un écolier sur cinq reconnaîtra avoir joué avec ce type de jeux et une enquête effectuée à
Linz montrera que 39 % des élèves connaissent, échangent et utilisent les disquettes. : un écolier sur cinq où ?
Le rapport ne précise pas l’échantillon statistique ! Que peut-on donc tirer de ce chiffre
dénué de signification concrète ? Quant aux 39%, il s’agit d’un chiffre pour une école primaire :
quelle pertinence peut-on lui donner dans une analyse globale ?
En Allemagne, la directrice du
Bureau de contrôle des écrits interdits à la jeunesse, recensera plus de 120 versions différentes... qu’est-ce qu’une version ? On ne le précise pas. En tout cas, on ne parle pas de jeux différents. Or à l’époque, la majorité des ordinateurs utilisés par les jeux étaient
des Atari et des Amiga (le PC n’existait que très peu dans les foyers). Ordinateurs sur lesquels proliférait le piratage ;
n’importe quel utilisateur amateur de jeux avait
plusieurs centaines de jeux piratés chez lui, et le phénomène était tel que beaucoup ignoraient ce qui était
présent sur une grande partie de leurs disquettes : elles étaient copiées en masse, sans discernement et sans même toujours
les utiliser après... Dans ce contexte, une version peut tout aussi bien signifier un jeu identique, mais
au début duquel a été insérée une intro (c’est le terme utilisé) d’un groupe de crackers (pirates) différents.
Si la directrice du bureau de contrôle des écrits interdits à la jeunesse n’était pas plus au fait de la micro-informatique
que ne le sont aujourd’hui la plupart des bureaucrates de l’Internet, il y a fort à parier que les différences
qu’elles aient recensées comprennent ce genre de détails.
D’ailleurs, les différents chiffres sont contradictoires : on parle à un moment de "plus de 120 versions" de jeux diffusés principalement
"en dehors de tout circuit commercial". Puis est avancé le chiffre de "6000" jeux "parmi les 20 000 jeux vidéo disponibles
en juin 1989 sur le marché allemand". Quel marché exactement, si les jeux sont
diffusés "en dehors de tout circuit commercial" ? De plus la proportion de
ce dernier dénombremement (un tiers)
est tout de même hallucinante. Ayant moi-même touché
à l’informatique à cette époque, je peux vous affirmer que jamais je n’ai vu passer, ni chez moi ni chez un quelconque
ami (et je connaissais quelques "collectionneurs"), la moindre copie d’un jeu néo-nazi ou raciste ou antisémite. Certes, je n’étais
pas en Allemagne mais en France. Cependant, les infos que j’avais d’Allemagne (par
quelques correspondants, et par la lecture de disczines, les webzines de l’époque)
n’ont jamais, à mon souvenir, fait allusion à une quelconque déferlante de jeux
néo-nazis - bien que la lutte contre le néo-nazisme fût un sujet sensible.
De plus, si la distribution des jeux échappait à tout circuit traditionnel comme le signale ou prétend l’article, on ne voit pas
non plus pourquoi elle n’aurait pas passé les frontières, et ne se serait retrouvée
en France (surtout vu le mode de reproduction : copie massive de disquettes sans même
savoir ni trier ce qu’elles contiennent...). Le chiffre de 6000 sur 20000 est tellement invraisemblable
qu’il fait penser à toutes les estimations hasardeuses du nombre de sites néonazis (ou pédophiles) avancées de-ci de-là
pour essayer de donner corps à la paranoïa inspiratrice des réactions sécuritaires.
La Reppublica a sorti, d’après le rapport, le chiffre "6000 sur 20000"
en 1989 qui reçoit aujourd’hui la confiance des auteurs du rapport. Il y a quelques
mois, Val allégait, en recevant toute la confiance des non-internautes
(y compris parmi ses confrères, y compris parmi les membres de l’AIPJ
dont le site reproduit cet article en lien à la rubrique "informations" !),
que l’Internet était le repaire exclusif
des tarés, des pédophiles et des néo-nazis. En l’absence de
confirmation scientifique (une rumeur journalistique
ne me satisfait pas et vous avez des arguments concrets plus haut),
pourquoi croirais-je plus La Reppublica d’il y a dix ans
que le Philippe Val d’aujourd’hui ? Or le rapport ne cite pas de
sources scientifiques, et ne donne aucune URL sur le sujet
(peut-être n’y en a-t-il pas). Il peut donc tout
aussi bien s’agir d’un article racoleur
et infondé comme il y en eut, y compris dans des médias "respectables",
à propos du "Net néo-nazi", du "Net pédophile", etc.
Or à l’époque, la
préoccupation vis-à-vis des "valeurs" véhiculées par les jeux était
assez forte, comme pour le Net aujourd’hui. Je me souviens
ainsi d’un numéro du magazine "Micro Mag" (je peux peut-être retrouver
les références à l’occasion)
qui faisait un soi-disant dossier, bien vide en réalité, sur le racisme, le sexe,
la violence
et le piratage dans les jeux video ; le sujet était en effet relativement
médiatique.
Quelques temps plus tard, le même type d’hystérie allait donner la mention
obligatoire, sur les boîtes des jeux, sur le danger de crises d’épilepsie :
faculté des médias à monter en épingle un artefact statistiquement
insignifiant (on remarquera aujourd’hui que les dites crises sont
globalement inexistantes, que ce soit médiatiquement ou dans les
informations que chacun reçoit de ses proches - alors même que
l’utilisation des jeux video s’est largement développée).
Enfin, quelle que soit la valeur des chiffres avancés, le rapport de
cette affaire avec l’Internet et les sites racistes est
extrêmement douteux, de l’ordre du sentimental. Nulle part n’est prouvée
scientifiquement (et pour cause) une hypothétique tendance des
techniques informatiques à provoquer l’expansion du fascisme,
qui serait une généralisation argumentées des enseignements de la soi-disant
déferlante fasciste dans les jeux vidéo.
Or la façon dont ces
faits sont cités en exergue (qu’on ne me dise pas que cet exemple
a été choisi par hasard !), sur un ton des plus dramatiques, avec force
détails macabres et chiffres
alarmistes, tend bien à vouloir susciter, via la transition injustifiée sur
Internet, une réaction révulsée du lecteur à l’idée que le Net a pour
conséquence lui aussi, d’inciter 22% des gens, voire des enfants de 7 ans,
de massacrer virtuellement des Juifs...
Le rapport cite les chiffres du centre Simon
Wiesenthal sur le "nombre de sites racistes". Or, comment peut-on affirmer
qu’il y a eu exactement "1429" sites racistes sur le Web ? Qu’on dise qu’on en a trouvé
environ 1500, ou entre un et deux mille, d’accord. Mais la précision
du chiffre avancé est ridicule, d’autant plus que la datation est vague.
De même lorsqu’on dit qu’il
n’y avait qu’un seul (un !) site raciste en 1995 ? Comment ne peut-on
pas mettre en doute une mesure à la pertinence si hasardeuse
(c’était probablement
plutôt que le centre Wiesenthal venait de commencer ses
recherches, et ne
maîtrisait pas encore vraiment l’outil). Au moindre oubli,
et les chances sont très grandes,
le taux d’erreur monte
à 100 %... Les auteurs auraient tout de même dû expurger une mesure aussi
douteuse ; ne l’ayant pas fait, ils nous conduisent à nous interroger sur
la rigueur de leur démarche.
De plus, l’"évolution" dont s’inquiètent les auteurs ne s’appuie sur aucun calcul
sérieux. En tenant compte des données plausibles (c’est-à-dire en éliminant le "1"
de 1995), la progression des sites racistes est-elle plus rapide, moins rapide, que celle
du nombre de sites dans son ensemble ? Le premier cas serait rassurant au contraire du sentiment
que les auteurs veulent susciter, mais on ne sait pas (ou on ne veut pas donner les chiffres).
A-t-on des chiffres ou tout du moins une
vague estimation sur la fréquentation de
ces sites dans leur ensemble (c’est bien ce qui
compte !), et non juste un ou deux ?
"Stormfront" cité par le rapport est une saloperie apparemment pas mal
visitée (les stats sont en libre accès). Je n’ai pas eu le courage
de chercher le deuxième site mentionné. Et les autres ?
Les statistiques de deux sites ne suffisent pas à
constituer une vision d’ensemble.
En résumé, on n’a aucune précision, aucune
indication, aucune relativisation statistique, rien que les
quatre chiffres implacablement martelés : un, puis 600, puis 1429, puis 2100.
Progression
inéluctable et effarante du racisme, interprète le lecteur scandalisé.
Les auteurs savent ou devraient savoir qu’ils manipulent un domaine
sensible, facilement générateur de sentimentalisme
et de réactions irrationnelles, et donc prendre
d’autant plus de précautions dans leurs analyses et
la façon dont ils les présentent.
Ils font exactement l’inverse. A dessein ou pas, le rapport
ne permet pas de conclure avec certitude (ce qui n’est
pas une excuse, d’ailleurs). Leurs précédents
écrits ne faisaient toutefois pas montre d’une grande honnêteté
intellectuelle (textes cités dans l’article).
Enfin, le rapport l’admet lui-même : "Le net n’a certes pas inventé la propagande. Le net n’est certes pour rien [je souligne, NDC] dans la création de ces
mouvements et leur développement. D’autres paramètres permettent d’expliquer ce que sont ces
mouvements, les stratégies élaborées, les liens qu’ils entretiennent entre eux et l’impact qu’ils peuvent avoir.
Évidemment, on ne tombe pas automatiquement sur les pages web de Stormfront ou du Ku Klux Klan. Il
faut vouloir les trouver, à moins que vous ne tombiez sur des sites négationnistes trop souvent et facilement
référencés dans les moteurs de recherches." Alors ? Quel intérêt de vouloir
mettre à bas l’édifice des libertés mises en pratiques et en valeur par le Net ?
Bonjour Peeff,
[...] un problème qui
n’aurait à vos yeux aucun"caractère massif" sans que vous apportiez le
moindre indice corroborant votre hypothèse. C’est d’autant plus regrettable
que Breton s’appuie quant à lui sur un certain nombre de données chffrées
extraite du rapport susmentionné.
Que lis-je donc dans le rapport susmentionné ? :
Linz montrera que 39 % des élèves connaissent, échangent et utilisent les disquettes. : un écolier sur cinq où ?
Le rapport ne précise pas l’échantillon statistique ! Que peut-on donc tirer de ce chiffre
dénué de signification concrète ? Quant aux 39%, il s’agit d’un chiffre pour une école primaire :
quelle pertinence peut-on lui donner dans une analyse globale ?
Bureau de contrôle des écrits interdits à la jeunesse, recensera plus de 120 versions différentes... qu’est-ce qu’une
version ? On ne le précise pas. En tout cas, on ne parle pas de jeux différents. Or à l’époque, la majorité des ordinateurs utilisés par les jeux étaient
des Atari et des Amiga (le PC n’existait que très peu dans les foyers). Ordinateurs sur lesquels proliférait le piratage ;
n’importe quel utilisateur amateur de jeux avait
plusieurs centaines de jeux piratés chez lui, et le phénomène était tel que beaucoup ignoraient ce qui était
présent sur une grande partie de leurs disquettes : elles étaient copiées en masse, sans discernement et sans même toujours
les utiliser après... Dans ce contexte, une version peut tout aussi bien signifier un jeu identique, mais
au début duquel a été insérée une intro (c’est le terme utilisé) d’un groupe de crackers (pirates) différents.
Si la directrice du bureau de contrôle des écrits interdits à la jeunesse n’était pas plus au fait de la micro-informatique
que ne le sont aujourd’hui la plupart des bureaucrates de l’Internet, il y a fort à parier que les différences
qu’elles aient recensées comprennent ce genre de détails.
D’ailleurs, les différents chiffres sont contradictoires : on parle à un moment de "plus de 120 versions" de jeux diffusés principalement
"en dehors de tout circuit commercial". Puis est avancé le chiffre de "6000" jeux "parmi les 20 000 jeux vidéo disponibles
en juin 1989 sur le marché allemand". Quel marché exactement, si les jeux sont
diffusés "en dehors de tout circuit commercial" ? De plus la proportion de
ce dernier dénombremement (un tiers)
est tout de même hallucinante. Ayant moi-même touché
à l’informatique à cette époque, je peux vous affirmer que jamais je n’ai vu passer, ni chez moi ni chez un quelconque
ami (et je connaissais quelques "collectionneurs"), la moindre copie d’un jeu néo-nazi ou raciste ou antisémite. Certes, je n’étais
pas en Allemagne mais en France. Cependant, les infos que j’avais d’Allemagne (par
quelques correspondants, et par la lecture de disczines, les webzines de l’époque)
n’ont jamais, à mon souvenir, fait allusion à une quelconque déferlante de jeux
néo-nazis - bien que la lutte contre le néo-nazisme fût un sujet sensible.
De plus, si la distribution des jeux échappait à tout circuit traditionnel comme le signale ou prétend l’article, on ne voit pas
non plus pourquoi elle n’aurait pas passé les frontières, et ne se serait retrouvée
en France (surtout vu le mode de reproduction : copie massive de disquettes sans même
savoir ni trier ce qu’elles contiennent...). Le chiffre de 6000 sur 20000 est tellement invraisemblable
qu’il fait penser à toutes les estimations hasardeuses du nombre de sites néonazis (ou pédophiles) avancées de-ci de-là
pour essayer de donner corps à la paranoïa inspiratrice des réactions sécuritaires.
La Reppublica a sorti, d’après le rapport, le chiffre "6000 sur 20000"
en 1989 qui reçoit aujourd’hui la confiance des auteurs du rapport. Il y a quelques
mois, Val allégait, en recevant toute la confiance des non-internautes
(y compris parmi ses confrères, y compris parmi les membres de l’AIPJ
dont le site reproduit cet article en lien à la rubrique "informations" !),
que l’Internet était le repaire exclusif
des tarés, des pédophiles et des néo-nazis. En l’absence de
confirmation scientifique (une rumeur journalistique
ne me satisfait pas et vous avez des arguments concrets plus haut),
pourquoi croirais-je plus La Reppublica d’il y a dix ans
que le Philippe Val d’aujourd’hui ? Or le rapport ne cite pas de
sources scientifiques, et ne donne aucune URL sur le sujet
(peut-être n’y en a-t-il pas). Il peut donc tout
aussi bien s’agir d’un article racoleur
et infondé comme il y en eut, y compris dans des médias "respectables",
à propos du "Net néo-nazi", du "Net pédophile", etc.
Or à l’époque, la
préoccupation vis-à-vis des "valeurs" véhiculées par les jeux était
assez forte, comme pour le Net aujourd’hui. Je me souviens
ainsi d’un numéro du magazine "Micro Mag" (je peux peut-être retrouver
les références à l’occasion)
qui faisait un soi-disant dossier, bien vide en réalité, sur le racisme, le sexe,
la violence
et le piratage dans les jeux video ; le sujet était en effet relativement
médiatique.
Quelques temps plus tard, le même type d’hystérie allait donner la mention
obligatoire, sur les boîtes des jeux, sur le danger de crises d’épilepsie :
faculté des médias à monter en épingle un artefact statistiquement
insignifiant (on remarquera aujourd’hui que les dites crises sont
globalement inexistantes, que ce soit médiatiquement ou dans les
informations que chacun reçoit de ses proches - alors même que
l’utilisation des jeux video s’est largement développée).
Enfin, quelle que soit la valeur des chiffres avancés, le rapport de
cette affaire avec l’Internet et les sites racistes est
extrêmement douteux, de l’ordre du sentimental. Nulle part n’est prouvée
scientifiquement (et pour cause) une hypothétique tendance des
techniques informatiques à provoquer l’expansion du fascisme,
qui serait une généralisation argumentées des enseignements de la soi-disant
déferlante fasciste dans les jeux vidéo.
Or la façon dont ces
faits sont cités en exergue (qu’on ne me dise pas que cet exemple
a été choisi par hasard !), sur un ton des plus dramatiques, avec force
détails macabres et chiffres
alarmistes, tend bien à vouloir susciter, via la transition injustifiée sur
Internet, une réaction révulsée du lecteur à l’idée que le Net a pour
conséquence lui aussi, d’inciter 22% des gens, voire des enfants de 7 ans,
de massacrer virtuellement des Juifs...
Le rapport cite les chiffres du centre Simon
Wiesenthal sur le "nombre de sites racistes". Or, comment peut-on affirmer
qu’il y a eu exactement "1429" sites racistes sur le Web ? Qu’on dise qu’on en a trouvé
environ 1500, ou entre un et deux mille, d’accord. Mais la précision
du chiffre avancé est ridicule, d’autant plus que la datation est vague.
De même lorsqu’on dit qu’il
n’y avait qu’un seul (un !) site raciste en 1995 ? Comment ne peut-on
pas mettre en doute une mesure à la pertinence si hasardeuse
(c’était probablement
plutôt que le centre Wiesenthal venait de commencer ses
recherches, et ne
maîtrisait pas encore vraiment l’outil). Au moindre oubli,
et les chances sont très grandes,
le taux d’erreur monte
à 100 %... Les auteurs auraient tout de même dû expurger une mesure aussi
douteuse ; ne l’ayant pas fait, ils nous conduisent à nous interroger sur
la rigueur de leur démarche.
De plus, l’"évolution" dont s’inquiètent les auteurs ne s’appuie sur aucun calcul
sérieux. En tenant compte des données plausibles (c’est-à-dire en éliminant le "1"
de 1995), la progression des sites racistes est-elle plus rapide, moins rapide, que celle
du nombre de sites dans son ensemble ? Le premier cas serait rassurant au contraire du sentiment
que les auteurs veulent susciter, mais on ne sait pas (ou on ne veut pas donner les chiffres).
A-t-on des chiffres ou tout du moins une
vague estimation sur la fréquentation de
ces sites dans leur ensemble (c’est bien ce qui
compte !), et non juste un ou deux ?
"Stormfront" cité par le rapport est une saloperie apparemment pas mal
visitée (les stats sont en libre accès). Je n’ai pas eu le courage
de chercher le deuxième site mentionné. Et les autres ?
Les statistiques de deux sites ne suffisent pas à
constituer une vision d’ensemble.
En résumé, on n’a aucune précision, aucune
indication, aucune relativisation statistique, rien que les
quatre chiffres implacablement martelés : un, puis 600, puis 1429, puis 2100.
Progression
inéluctable et effarante du racisme, interprète le lecteur scandalisé.
Les auteurs savent ou devraient savoir qu’ils manipulent un domaine
sensible, facilement générateur de sentimentalisme
et de réactions irrationnelles, et donc prendre
d’autant plus de précautions dans leurs analyses et
la façon dont ils les présentent.
Ils font exactement l’inverse. A dessein ou pas, le rapport
ne permet pas de conclure avec certitude (ce qui n’est
pas une excuse, d’ailleurs). Leurs précédents
écrits ne faisaient toutefois pas montre d’une grande honnêteté
intellectuelle (textes cités dans l’article).
Enfin, le rapport l’admet lui-même : "Le net n’a certes pas inventé la propagande. Le net n’est certes pour
rien [je souligne, NDC] dans la création de ces
mouvements et leur développement. D’autres paramètres permettent d’expliquer ce que sont ces
mouvements, les stratégies élaborées, les liens qu’ils entretiennent entre eux et l’impact qu’ils peuvent avoir.
Évidemment, on ne tombe pas automatiquement sur les pages web de Stormfront ou du Ku Klux Klan. Il
faut vouloir les trouver, à moins que vous ne tombiez sur des sites négationnistes trop souvent et facilement
référencés dans les moteurs de recherches." Alors ? Quel intérêt de vouloir
mettre à bas l’édifice des libertés mises en pratiques et en valeur par le Net ?
Bien à vous
Cracounette.