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Dans l’ordre, c’est d’abord exister puis dégueuler, mais bon...

21 juillet 2002, 12:13, par Private Joker

Pronto Anonyme !

"Mettre L’Interdit dans le même sac que Technikart ou Chronicart, en faisant une fixation sur l’article sur "Irréversible", tout sauf représentatif du site, c’est vraiment dégueulasse comme procédé."

> Bin j’ai été faire un petit tour sur l’Interdit histoire de voir et là -surprise !- je suis tombé sur un petit article consacré au dernier Star Wars : évènement quand tu nous tiens, n’est ce pas... Désolé de te dire ça, vu ce sont des gens que tu aimes bien, mais le ton y est encore plus Téléramesque que pour "Irréversible".

2 petites perles, pour illustrer (1° et dernier paragraphes) :

"Comme beaucoup de personnes de ma génération, Star Wars a rempli mes rêves d’enfants, les décorant de toute une atmosphère de héros sans peur et sans reproches, héros chevaleresques défendant des reines de Saba lointaines, héros dont la victoire ou la défaite dépend du sort des étoiles. Monde manichéen où les forces de lumière et les forces obscures se défient."

> Le bien et le mal, blablabla... L’enfance, blablabla... L’héroïsme à 0,3 euros, blablabla... Des bons sentiments jusqu’à la nausée, vu que tu parlais de dégueuler ! Tiens, je savais pas non plus qu’on pouvait décorer d’une atmoshère, héhé. Mais la cerise est "héros dont la victoire ou la défaite dépend du sort des étoiles" : moi qui croyais justement que SW était basé sur le contraire, à savoir que le "sort des étoiles" dépend de "la victoire ou la défaite" du "héros". Je croyais évidemment mal, vu que l’auteur va broder ensuite sur sa thèse alambiquée...

"Au fond, la question que pose Star Wars est celle-ci : que devient l’homme qui vit le monde jusqu’au bout, dans sa sensibilité brute et abrupte ? Est-il possible de contrôler sa souffrance, peut-on garder toujours une forme de mesure quand les étoiles explosent, quand il n’y a plus d’espoir ? Le jeune Anakin révèle sous un jour nouveau la dimension de cette guerre des étoiles. Pitié et terreur se mêlent si bien que cette tragédie apparaît tout à la fois romantique et gothique... Univers bigarré de souffrances et de poussières d’étoiles."

> Le style vomitif est toujours là : opposition "pitié" et "terreur", mots larmoyants comme "souffrance" et "sensibilité", gnagnagna... Utilisation du terme "tragédie" -Aristote doit se reretourner dans sa tombe- histoire de dire que SW c’est aussi balaise qu’au hasard "Oedipe", ce qui en passant est une constante des zines KUL : faire accéder le produit dont on parle au rang d’oeuvre immortelle et sérieuse. Je passe sur "romantique" et "gothique" vu que le but est le même... Enfin, finalisation de la thèse avec les questions qui tuent : "peut-on garder toujours une forme de mesure quand les étoiles explosent, quand il n’y a plus d’espoir ?" Franchement, pour ce qui est des étoiles je sais pas, mais pour ce qui est de continuer à vivre alors qu’Hiroshima et Nagasaki ont eu lieu et que le spectre de la destruction atomique plane encore au-dessus de nos têtes, j’ai bien l’impression que la réponse est oui et qu’on ne passe pas forcément au côté obscur pour autant ! Mais bon, se branler avec les étoiles ça permet de faire semblant de poser des questions aux lecteurs sans risquer de leur faire trop peur, tout en se prenant pour quelqu’un de profond : t’as le droit d’aimer ça, perso je trouve que "c’est vraiment dégueulasse comme procédé".

Heureusement que Uzine garde encore "un (petit) pouvoir de nuisance" : ici on peut continuer à se faire mal au cerveau, sur L’Interdit il semble que ce soit finalement interdit.

Ciao, y tutti quanti frutti.

PS : salut à toi, Lefayot ! :-) tu gardes la niak, hein ?

PPS : pour ceusses qui veulent se poser des questions tout en ayant peur, y’a "La Supplication" de Svetlana Alexievitch sur le monde d’après Tchernobyl, ça fait plus mal que SW.

Voir en ligne : pour aller vérifier...