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25 juillet 2002, 09:06, par Le Sartroïde

La Kultur, c’est en gros le fetichisme du culturel pour le culturel. C’est à dire une adoration des oeuvres et des postures culturelles.

Le fond de la question pourrait être de se demander s’il existe d’autres attitudes possibles pour traiter le fond avec les limites de la forme proposée (machin en papier avec des pubs entrecoupées de textes qui ne doit en aucun cas inciter à oublier d’acheter l’incarnation suivante, réalisée de manière économiquement efficace, tant en termes d’accès aux objets d’étude (artistes, oeuvres, et proche banlieue) qu’au public auquel on veut infliger le concentré de cogitations (qui ne le reçoit pas gratuitement dans sa boîte aux lettres)).

J’avoue penser que non : ma conclusion devient alors : "Si ça existe, c’est forcémment de la merde", à moins de changer l’un des nombreux postulats de la question (papier, profitabilité, accès aux oeuvres, distribution).

à titre personnel, ce qui me désespère le plus, c’est que bien que le réseau ait offert à certains de s’affranchir en partie de la nécessité de profitabilité/distribution, elle ne leur a nullement donné plus de moyens humains et matériels pour réaliser le travail préambule à la qualité du contenu. En soi, ça ne pose pas de problème. Mais cette évidence a semble-t-il suffi à tous les acteurs présents pour prétendre que seule la transposition trait pour trait de leurs anciennes habitudes et techniques au nouveau media était la bonne solution, puisque leur expérience leur incite à croire que lesdites sont optimisées, en oubliant que leurs choix antérieurs découlaient d’un cadre de contraintes que le réseau change. La réponse à une question donnée n’est pas forcémment la réponse à une autre question.

Dans un tel contexte, je pense que la forme que prendrait la réponse à la question de fond avec l’aide du papier peut être très différente de la réponse qu’on peut fournir à la même question avec l’aide du réseau. Par exemple, un nombre étonnamment croissant d’artistes actuels communiquent directement et sans médiateur sur le réseau. La question qui vient évidemment à l’esprit est "à quoi sert le médiateur, au fait ?", et ce, quelle que soit le médiateur, le sujet, et le moyen.

"Evidemment, étant donné qu’il faut un certain talent pour reconnaitre le talent des autres"

Je serais curieux de lire un article sur ce sujet.