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> Certes mais non

26 juillet 2002, 12:21, par Lefayot

Le fond de la question pourrait être de se demander s’il existe d’autres attitudes possibles pour traiter le fond avec les limites de la forme proposée (machin en papier avec des pubs entrecoupées de textes ...

Probablement pas, effectivement. Mais sur le fond, même si - par un quelconque miracle - les contraintes economiques n’existaient pas, on ne voit pas pourquoi le fetichisme du culturel disparaitrait. S’il est vrai qu’historiquement, l’émergence de la Kultur est contemporaine de celle du capitalisme, le lien entre les deux n’est pas pour autant évident. D’autant que sur le fond, il n’a pas fallut attendre le 19eme siecle pour savoir qu’on ne mord pas la main qui te nourrit.

De plus, et c’est ce qui est fascinant, on retrouve presque à l’identique les tics et codes du journal KUL dans des webzines, donc des trucs gratuits. Certes, on peut se dire que :

- Ces sites sont des demos à destination de futurs employeurs.

- Ces sites sont faits par des gens sortis d’ecoles de journalistes, et ont donc intériorisé les rites du clan.

Mais il ne faut pas oublier que tout journaliste qu’on soit, on en n’est pas moins humain :-). Plus serieusement, avant d’etre redacteur, un pigiste est aussi lecteur lambda, et a priori, le lecteur est lui aussi habité par le fetichisme, sans quoi, il n’acheterait aucun de ces canards. C’est la société toute entiere qui serait prosternée devant l’idole, même si, effectivement, les journalistes KUL poussent à la roue et realimente sans cesse la chaudiere, renforçant chaque jour l’idolatrie.

La question qui vient évidemment à l’esprit est "à quoi sert le médiateur, au fait ?", et ce, quelle que soit le médiateur, le sujet, et le moyen.

Bingo ! Effectivement, c’est the question. Generalement les gens sur uZine repondent « à rien » et parlent de parasitisme social. Mais pendant qu’on y est, on peut aussi se demander à quoi sert un artiste, quelle est vraiment sa valeur ajoutée par rapport à un autre fournisseur de services/produits (un boulanger par exemple). Ce faisant, on toucherait probablement aux racines de la Kultur.

"Evidemment, étant donné qu’il faut un certain talent pour reconnaitre le talent des autres"

Je serais curieux de lire un article sur ce sujet.

Non, ce n’est pas vraiment dans la ligne redactionnelle :-). Mais, entre nous, ça ne te semble pas evident qu’il faut un minimum de talent pour juger de celui des autres ?