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> Certes mais non

26 juillet 2002, 15:36

on ne voit pas pourquoi le fetichisme du culturel disparaitrait.

Les tentatives d’instrumentaliser l’expression d’autrui qui sont elles aussi des démarches d’expression. Cette définition pourrait s’appliquer tout aussi bien à la culture qu’au journalisme, qu’à la politique ou qu’à la recherche scientifique.

La notion de "culture" est elle autre chose qu’une tentative désespérée de faire de ce qui est un acte une chose, un objet d’étude, de respect, de jouissance ou de profit ?

Dans ce contexte, le "fétichisme" n’est-il pas simplement l’expression de son adhésion, son soutien à la démarche d’instrumentalisation de l’expression ? Ne concourt-il pas du pacte passé entre la société et l’artiste (la société nourrit l’artiste, mais intègre ses oeuvres dans son patrimoine collectif quand il n’est plus que cendres : tôt ou tard, ce pacte implique de faire chose l’expression de l’artiste, d’en faire le témoignage d’un effort que tous puissent apprécier comme étant leur patrimoine).

L’existence de la cuculture n’est finalement que le témoignage de l’existence du consensus politique d’une minorité significative autour de la relation artiste/société telle qu’actuellement vécue. L’existence d’autres contrats possibles entre artiste et société exige de la part des défenseurs de cette thèse de valider en permanence leur démarche au sein de la société, comme tout lobby, ni plus, ni moins. Qu’une fraction significative du lectorat de ces revues espèrent jouir d’une vie meilleure en adhérant au système n’a rien de nouveau et existe ailleurs. Après tout, nombreux seront les déçus.

Si on ne les aime pas, mieux vaut les ignorer. Personne ne sera obligé de pleurer sur leur mort, qui se rapproche chaque fois qu’une innovation technologique facilite les relations entre les uns et les autres, donc la relation entre l’artiste et son public, diminuant l’intérêt et la possible valeur ajoutée d’une médiation.