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> Quand j’entends le mot « Revolver », je sors ma Kultur |
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> Quand j’entends le mot « Revolver », je sors ma Kultur
12 novembre 2002,
message de Sousmarin vert
Yo ! Man, ca nous change Il y a quelques années, je définissait la culture "avec un gros cul", mais comme je vivais à Paaaris, ca faisait plouc. Maintenant, je vis chez les ploucs et me contrefout de la culture... Qu’est ce que j’économise en temps et pognon...
Au 19ème : un aristocrate à la ruine, saisi par un huissier, se vit devoir choisir entre garder entre sa bibliothèque, fabuleuse, léguée par ses ancêtres et sa cave à vins, somme toute assez banale. Il choisit la cave en disant : On peut vivre sans art, mais pas sans culture... Yo, man. |
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3 novembre 2002,
message de Héras Mustek
Tu raisonnes bien mais tu as un penchant très prononcé vers le nihilisme. Et le nihilisme c’est la mort. Or tu raisonnes parce que tu es vivant du coup ton revolver peut encore servir. Gobbles l’illustre "dignitaire" nazi à qui on attribut la citation que tu mets(tout de même) en exergue a été logique jusqu’au bout. Je te souhaites un jour de rejoindre un des nombreux troupeaux qui forment l’humanité. Même celui des alternatifs. Qui comme tous ont besoin de bouffer. PS : Expert c’est bien aussi.Tu devrais écrire des bouquins, si tu ne veux pas de tes droits d’auteur moi je les veux bien. Amicalement. Héras Mustek erasmus@irakiri.com |
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19 août 2002,
message de Florence
Je ne comprends pas l’indignation outrée de ces lignes envers les sites culturels (Kul.). Il en va de ces sites comme de la mise en scène entière de notre vie sociale. Ces sites sont à caractère publicitaire même s’ils se prétendent informatifs et ne visent que l’augmentation du nombre de "clics" pour justifier leurs budgets, business plan ou autre subvention. D’où la logique du discours median (pour plaire au plus grand nombre) et sa conséquence : le pompage que pratiquent allègrement entre eux tous les supports. Ces sites ne sont là que parce que la culture s’est organisée en marché et que tout marché a besoin de ses vecteurs publicitaires pour s’étendre. Tout le problème à mon avis est que la Kulture, comme tout autre marché, a besoin d’étendre son audience pour augmenter ses profits et se trouve dès lors plongée dans un dilemne impossible : comment calibrer un produit sélectif en produit pour tous ou comment habiller un produit de masse en le faisant passer pour sélectif ? Autrement dit, la grande hypocrisie de ce marché (véhiculée par tous les supports indifféremment) est de faire croire qu’il existe une niche de la production humaine qui relève d’autres valeurs que celles régissant l’économie, à savoir masse et uniformisation (son corollaire). Je ne suis pas un professionnel des media ni de la Kulture, mais un consommateur. Habitant en Allemagne où l’offre sur ce marché est immense et diversifiée je "consomme" ces produits en grande quantité et sous différentes formes(expositions, festivals de théatre, danse contemporaine, ....), reviens juste de la Dokumenta à Kassel et pense donc m’exprimer en connaissance de cause. Ce qui me gène le plus n’est pas la prolifération de pages (web ou papier) pour ne rien dire d’autre que le voisin mais plutôt la production kulturelle même que je trouve fortement pessimiste et si peu renouvellée. Mais ceci est un autre débat.
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Lefayot,
19 août 2002
Ah ben voilà un avis qui change un peu :-) ! Bon, effectivement si la Kultur est un produit de masse, contraint de jouer le même jeu publicitaire que les lessives par exemple, il n’y a plus aucun probleme, et dans ce cas, effectivement mon article ne presente pas un grand interet. Mais pratiquement tous les supports KUL partent du principe que la Kultur n’est justement pas pas un produit (et surtout pas de masse), d’où une hypocrisie notoire, et une position difficile, le cul entre deux chaises. Decalage entre le discours et la pratique (discours pharisien comme on disait jadis). Ensuite se pose la question de "pourquoi un marché KUL" ou "a quoi ça sert, la Kultur ?". La réponse est : "à rien". Ou alors c’est de l’entertainment et basta (aucune difference de fond entre une expo Picasso et le dernier Van Damme). Pourquoi un public pour un machin inutile ? C’est un argumentaire un peu léger quand même, car on passe à coté du coté gratifiant de l’acquisition de l’item ou du service KUL pour le consommateur. Et ce coté gratifiant vient de ce que le produit KUL est supposé ne pas être un produit comme un autre. Re-contradiction. En fait, en terme de differentiel produit, vis à vis des autres produits, le produit KUL ne peut pas être comme les autres. On tourne en rond. Si on met de coté l’entertainment, le produit KUL ne peut se vendre que par son coté "produit différent/gratifiant", puisqu’inutile (de la même façon, une BMW joue sur le "different/gratifiant" vis à vis d’une twingo ; sinon ce n’est qu’une bagnole). Accessoirement, se pose en plus la pietre qualité l’info KUL (faible culture des intervenants) et son coté redite, un peu grotesque. |
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29 juillet 2002,
message de TAM -TAM
Belle plume, réjouissante et vive, j’aime ton style !
Concernant Technikart, je suis complètement d’accord avec toi : il "vise un public de jeunes CSP+ qui se la pètent, ouvertement incultes et ne se donne même plus la peine de faire semblant de savoir quelque chose et de quoi il parle. Authentique truc de branleurs, faux rebelles, vrais cyniques laborieux, il dévoile le pot au roses, et fait du culturel de l’entertainment assumé, ce qu’il a toujours été et ce qu’il ne peut qu’être, sans s’encombrer du coté initié des Dieux qui sur le fond ne botte pas des masses son lectorat. Pour ce travail de démystification, on ne remerciera jamais assez cette publication et son site. "
Lectrice passionnée de cette revue pendant près de trois ans, j’ai arrêté de l’acheter il y a quelques mois, pour la Xième couverture sur les terribles conditions de vie de la Hype. Je ne crois pas que cette revue puisse sortir de l’impasse dans laquelle elle s’est mise. Cependant quelques vaillants plumitifs ont rédigé dans Technikart des éditos témoignant d’une certaine lucidité sur la vacuité d’un système clos que tu décris très bien où les lecteurs et les journaleux créent les conditions de leur aliénation volontaire.
Enfonçant ainsi les clous d’une croix culturellement (au sens communautaire du terme) révélatrice (Ah ! sortir du judéo-christianisme et de son doux cercle de la honte et de la culpabilité à deux cents...) ils ont activement participé de la chute de leur vache nourricière. En maintenant ouvert les yeux à certains lecteurs, comme moi, sur la vanité et la dangerosité de cette relation lecteur-auteur-producteur d’un media culturel.
Pas si vain et inutile, finalement !
Se brûler pour être utiles...J’espère que cette revue saura sortir de l’ornière en s’autodétruisant.
> Quand j’entends le mot « Revolver », je sors ma Kultur,
Lefayot,
29 juillet 2002
A vrai dire, le but de l’article n’était pas en soi de tailler un costard à TechnoNanar (trop facile), d’autant que ce sont des amis bien sympathiques qui ecrivent des choses tellement pertinentes sur nous. Mais effectivement, a force de se positionner sur le segment du ricanement, ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. C’est ce qu’on pourrait croire. En fait non. Ils vendent de l’espce publicitaires, comme les autres, mais de façon parfaitement assumée, et s’insèrent parfaitement dans le marché du supplément d’âme. Je pense qu’ils ont de nombreuses années devant eux, à moins, bien sur, que la concurrence ne laisse tomber aussi toute pretention à la compétence, et ne vire télé-achat d’items culturels. Auquel cas ça va être féroce. aussi le J’espère que cette revue saura sortir de l’ornière en s’autodétruisant a peu de chance de se réaliser, du moins à court et moyen terme (mais il est vrai que je n’ai pas accès à la comptabilité de cette excellente publication, et ne peut juger sur pieces).
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[ssff] schuey,
18 septembre 2002
ce qui est triste c’est sans doute que cette analyse lucide, n’existe pas. C’est sans doute le "meileur" (au sens de juste dans mon univers) article que j’ai lu. Soit. Mais il ne sert à rien si tu devais aller au bout de ta démarche.
Ainsi, pourquoi parler de choses qui sont actuelles comme les site de KUL ?
Deuxième point, que je trouve rafraichissant chez vous, idéalistes, c’est la négation de la réalité. Pas forcément chez toi Lefayot, mais je voulais le dire.
> Quand j’entends le mot « Revolver », je sors ma Kultur,
18 septembre 2002
ce qui est triste c’est sans doute que cette analyse lucide, n’existe pas. C’est à dire ? Ainsi, pourquoi parler de choses qui sont actuelles comme les site de KUL ? Parce que ça me permettait de parler de l’imposture du culturel qui est un sujet qui me botte tout en restant dans la ligne éditoriale de uZine. Deuxiemement, le propre du culturel ce n’est pas la nouveauté en soi, mais la nouveauté culturelle. Si je parlais des nouveaux portables, je n’oeuvrerais pas dans le culturel pour autant. Enfin, les sites KUL n’ont rien de particulierement nouveau et les publications KUL encore moins. Deuxième point, que je trouve rafraichissant chez vous, idéalistes, c’est la négation de la réalité. Ce genre de sentence (qui m’amuse toujours) implique que le locuteur sait, lui, ce que c’est que la réalité. Moi je sais pas. Enfin pas tout. En fait, la réalité désigne ce que le locuteur estime être l’existant (oui ce qu’il en comprend). On peut aussi appeler ça status quo. |
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> Quand j’entends le mot « Revolver », je sors ma Kultur
25 juillet 2002,
message de Koozil
Assez hilarant, cet article. Dans le bon sens du terme. Je dois reconnaître que la description des sites en question (et de façon finalement non-déguisée, des versions papier homonymes) tape assez juste, en fait. Maintenant, leur reprocher une certaine pauvreté de style, un consensualisme fade ou des poses de faux rebelles, faux défricheurs ou faux subversifs à ces magazines, c’est peut-être avoir cru à tout ça à un moment donné. On peut trouver de la Kultur dans ces publications, la Culture se trouve sans doute ailleurs. Le procès entre Technikart et Chronic’art avait donné lieu à pas mal d’échanges de noms d’oiseaux entre les deux revues, et il était risible de voir la seconde vouloir à ce point se démarquer de la première. Mais dans chacune des rédactions, il y a aussi des plumes trés valables, et des sujets qui diffèrent un peu de la grande presse (vous parlez vous-même de l’Express ou du Nouvel Obs). Evidemment, tout cela correspond à un créneau marketing, mais votre article, amusant et perspicace selon moi, aurait gagné à reconnaître que certains des journalistes qui oeuvrent sur ces sites ou dans ces magazines, ont tout autant de recul que vous en montrez ici. Comme du reste bon nombre de leurs lecteurs. Vous leur reprochez donc une vulgarisation abusive et malhonnête, et un conformisme plat (la pose du rebelle branchouille-mais-conscient, déclinée de Télérama à Nova, ce dont je conviens parfaitement), mais cette amusante critique s’adresse finalement à ceux qui prennent ces publications pour argent comptant. D’autres, qui font ces magazines et qui les lisent, auront aussi saisi la relativité de ce qui s’y lit. Pour ma part, je ne lis jamais de "magazine". Je lis par contre beaucoup d’articles, si vous voyez ce que je veux dire. Casser la hype est aussi en faire partie, paraît-il. Cette grande (petite) famille du web culturel et journalistique est passionnante, décidément...
> Quand j’entends le mot « Revolver », je sors ma Kultur,
Lefayot,
26 juillet 2002
D’autres, qui font ces magazines et qui les lisent, auront aussi saisi la relativité de ce qui s’y lit. C’est peut-etre vrai. Mais bon, l’argument est un peu usé. Le coté « c’est juste alimentaire, mais en fait on n’est pas dupe », en somme. Disons que :
Casser la hype est aussi en faire partie paraît-il. Oui, c’est l’argument massue (ie « On ne crache pas dans la soupe » ou « c’est celui qui dit qui y est »), décliné sur tous les modes, suivant la cible de la critique. Ceci étant, c’est vrai en ce qui concerne les hypeux, obligés de se positionner sur un differentiel produit. |
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> Quand j’entends le mot « Revolver », je sors ma Kultur,
Lefayot,
21 juillet 2002
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Dégueuler pour exister
20 juillet 2002
Tiens ! Revoilà notre cadre frustré qui se décerne des brevets de radicalité en dégueulant sur tout ce qui bouge un peu plus que lui et en dénonçant les méchants imposteurs alternatifs. Mettre L’Interdit dans le même sac que Technikart ou Chronicart, en faisant une fixation sur l’article sur "Irréversible", tout sauf représentatif du site, c’est vraiment dégueulasse comme procédé. Enfin bon, ça disait du mal de gens que j’aime bien, alors pour la première fois depuis au moins 6 mois, j’ai cliqué sur un lien vers un article d’uZine. Rassurez-vous les gars, vous êtes pas encore complètement morts : il vous reste un (petit) pouvoir de nuisance.
> Dégueuler pour exister,
Tiresias,
20 juillet 2002
> Dégueuler pour exister,
Lefayot,
20 juillet 2002
Tiens ! Revoilà notre cadre frustré qui se décerne des brevets de radicalité en dégueulant sur tout ce qui bouge un peu plus que lui et en dénonçant les méchants imposteurs alternatifs. Cool ! De l’attaque ad hominem ! De la part d’un defenseur de la vertu outragée/bafouée, je n’en attendais pas moins. Mettre L’Interdit dans le même sac que Technikart ou Chronicart, en faisant une fixation sur l’article sur "Irréversible", tout sauf représentatif du site, c’est vraiment dégueulasse comme procédé. D’abord le ton de l’article sur "irreversible" est tout à fait representatif de celui de L’interdit. Pour commencer. Ensuite, il est explicitement dit au paragraphe suivant que ce qui est reproché à cet article est valable pour les autres publications. Simplement, c’etait le plus caricatural. Et donc le plus representatif. Enfin, et c’est le sujet de l’article, c’est le webzine KUL en soit qui est inutile, voire nefaste. Quel qu’il soit. Et de ce point de vue, ils sont tous à mettre dans le meme sac ; l’opposition commercial/alternatif est un leurre. Quant à l’argument de la radicalité comme concours de bite, trouve autre chose pour changer (dis que je suis fasciste, tiens par exemple).
Dans l’ordre, c’est d’abord exister puis dégueuler, mais bon...,
Private Joker,
21 juillet 2002
Pronto Anonyme ! "Mettre L’Interdit dans le même sac que Technikart ou Chronicart, en faisant une fixation sur l’article sur "Irréversible", tout sauf représentatif du site, c’est vraiment dégueulasse comme procédé." > Bin j’ai été faire un petit tour sur l’Interdit histoire de voir et là -surprise !- je suis tombé sur un petit article consacré au dernier Star Wars : évènement quand tu nous tiens, n’est ce pas... Désolé de te dire ça, vu ce sont des gens que tu aimes bien, mais le ton y est encore plus Téléramesque que pour "Irréversible". 2 petites perles, pour illustrer (1° et dernier paragraphes) : "Comme beaucoup de personnes de ma génération, Star Wars a rempli mes rêves d’enfants, les décorant de toute une atmosphère de héros sans peur et sans reproches, héros chevaleresques défendant des reines de Saba lointaines, héros dont la victoire ou la défaite dépend du sort des étoiles. Monde manichéen où les forces de lumière et les forces obscures se défient." > Le bien et le mal, blablabla... L’enfance, blablabla... L’héroïsme à 0,3 euros, blablabla... Des bons sentiments jusqu’à la nausée, vu que tu parlais de dégueuler ! Tiens, je savais pas non plus qu’on pouvait décorer d’une atmoshère, héhé. Mais la cerise est "héros dont la victoire ou la défaite dépend du sort des étoiles" : moi qui croyais justement que SW était basé sur le contraire, à savoir que le "sort des étoiles" dépend de "la victoire ou la défaite" du "héros". Je croyais évidemment mal, vu que l’auteur va broder ensuite sur sa thèse alambiquée... "Au fond, la question que pose Star Wars est celle-ci : que devient l’homme qui vit le monde jusqu’au bout, dans sa sensibilité brute et abrupte ? Est-il possible de contrôler sa souffrance, peut-on garder toujours une forme de mesure quand les étoiles explosent, quand il n’y a plus d’espoir ? Le jeune Anakin révèle sous un jour nouveau la dimension de cette guerre des étoiles. Pitié et terreur se mêlent si bien que cette tragédie apparaît tout à la fois romantique et gothique... Univers bigarré de souffrances et de poussières d’étoiles." > Le style vomitif est toujours là : opposition "pitié" et "terreur", mots larmoyants comme "souffrance" et "sensibilité", gnagnagna... Utilisation du terme "tragédie" -Aristote doit se reretourner dans sa tombe- histoire de dire que SW c’est aussi balaise qu’au hasard "Oedipe", ce qui en passant est une constante des zines KUL : faire accéder le produit dont on parle au rang d’oeuvre immortelle et sérieuse. Je passe sur "romantique" et "gothique" vu que le but est le même... Enfin, finalisation de la thèse avec les questions qui tuent : "peut-on garder toujours une forme de mesure quand les étoiles explosent, quand il n’y a plus d’espoir ?" Franchement, pour ce qui est des étoiles je sais pas, mais pour ce qui est de continuer à vivre alors qu’Hiroshima et Nagasaki ont eu lieu et que le spectre de la destruction atomique plane encore au-dessus de nos têtes, j’ai bien l’impression que la réponse est oui et qu’on ne passe pas forcément au côté obscur pour autant ! Mais bon, se branler avec les étoiles ça permet de faire semblant de poser des questions aux lecteurs sans risquer de leur faire trop peur, tout en se prenant pour quelqu’un de profond : t’as le droit d’aimer ça, perso je trouve que "c’est vraiment dégueulasse comme procédé". Heureusement que Uzine garde encore "un (petit) pouvoir de nuisance" : ici on peut continuer à se faire mal au cerveau, sur L’Interdit il semble que ce soit finalement interdit. Ciao, y tutti quanti frutti. PS : salut à toi, Lefayot ! :-) tu gardes la niak, hein ? PPS : pour ceusses qui veulent se poser des questions tout en ayant peur, y’a "La Supplication" de Svetlana Alexievitch sur le monde d’après Tchernobyl, ça fait plus mal que SW. en ligne : pour aller vérifier...
> On ne lit pas les mêmes choses,
21 juillet 2002
C’est marrant comme on ne lit pas les mêmes articles... je suis allé voir moi aussi L’Interdit (pour la première fois) et j’ai trouvé en farfouillant un peu des trucs pas si mals et pas si courants : > www.insite.fr/interdit/2001mars/sanders1.htm : un texte de Sanders stupéfiant > une super interview des auteurs des Cités obscures sur http://www.insite.fr/interdit/2002juillet/utopie2.htm > un article pas mal sur l’Autriche (jamais lu ailleurs) http://www.insite.fr/interdit/2001oct/autriche.htm Etc, etc. Evidemment, c’est de qualité inégale, mais il y a des bonnes choses et même des choses excellentes. ... Mais il est sans doute plus facile de faire des mauvais procès que de fureter sur un site pour en avoir une idée précise.
> Dans l’ordre, c’est d’abord exister puis dégueuler, mais bon...,
Lefayot,
21 juillet 2002
PS : salut à toi, Lefayot ! :-) tu gardes la niak, hein ? Ca va oui. Y’avait longtemps qu’on ne t’avait vu. Et puis, c’est pas de la niak, c’est de l’exaspération. Quoiqu’il en soit, comme le montre la réponse de notre contradicteur anonyme à ta contribution, le pb n’est pas tellement là. On pourra jouer longtemps au jeux du différentiel produit (oui, mais regardez ils parlent de "Seven tongues of Hate" [groupe de balloche trash de Mimizan]), alors que le probleme n’est pas là. Il est plutot de savoir a quoi sert un web mag de KUL, pourquoi autant de web mags de KUL, et si sur le fond le differentiel est si important que ça (sur le fond, hein, Kamarad !). Parce que pour ce qui est des films, par exemple, pour les parisiens (re-par exemple), il suffit d’ouvrir un "pariscope" et d’un peu de jugeote pour savoir quel film aller voir (tiens par exemple, au "Racine" y’a une retrospective « films de bretteurs hong-kongais », assez rejouissants, produits par Tsui Hark et même "legend of zu" pour la bonne bouche).
> Dans l’ordre, c’est d’abord exister puis dégueuler, mais bon...,
Proje(c ?)t de conscience,
21 juillet 2002
Tu évoquais SW ? (Notons bien ici que nous nous foutons de l’aspect religieux de la chose...) en ligne : Dune aussi l’a été...
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Déception
19 juillet 2002,
message de Nils Auperen
Ce qu’il y a de bien avec cet article, c’est qu’il n’est même pas besoin de préparer une réponse : il suffit de renvoyer à l’article lui-même, qui plaide "contra domo" si j’ose dire. Ca part d’une bonne idée : montrer à quel point nombre de magazines culturels disponibles sur Internet ne sont jamais que de pâles imitations de leurs équivalents papier (encore qu’il soit difficile de surpasser le Monde des Livres dans la nullité, la bassesse et la flagornerie). Seulement, c’est fait d’une manière qui annihile une large partie du propos. Le ton est presque le même que celui des journalistes critiqués, et franchit souvent la limite de la boursouflure (on sent en filigrane la phrase "Je sais ce que c’est que la Culture, moi, Monsieur !"). Et quand l’auteur daube "l’hallucinante prétention des rédacteurs [qui] alliée à un pitoyable jargon de première année de DEUG littéraire ne peut qu’irriter", on est tenté de répondre "Eh coco, apprends l’orthographe et le sens des mots que tu utilises, au lieu de tartiner façon Sollers", tant les fautes abondent dans l’article. Enfin, l’auto-citation permet d’apprécier la capacité de l’auteur à faire dans le style littéraire qu’affectionne Edgar Morin ; des auteurs qui écrivent comme cela et pensent que l’on ne peut pas faire des phrases simples parce que la réalité est "complexe", il y en a plein les bibliothèques et les journaux... Pour résumer, après être allé sur le site de Technikart, je suis tenté de dire que cet article (un peu remanié, évidemment, pour ne pas se tirer une balle dans le pied) aurait sa place dans ce magazine. L’auteur véhicule l’idée que toute publication parlant de culture et destinée à être vendu ne serait que Kultur. C’est pour le moins discutable. Et si les lecteurs de ces magazines font partie du public Kul, nombre d’entre eux doivent avoir du mal à choisir entre un des quatres magazines analysés qui, pourtant, sont bien répartis sur l’axe (magnifique de perspicacité, et bienvenu aussi car "Un petit dessin vaut souvent mieux qu’un long discours", et "Le singe préfère la voiture rouge"). Conclusion : avec du travail, on aurait eu un article potable. Sans travail, on a du Technikart / Nova / (Mettez votre magazine culturel branchouille favori ici). Déception (je sais, ça fait grave Delerm, mais j’m’en torche). NB : ma réaction est mal écrite, mal argumentée, mais l’essentiel y est.
> Déception,
Brieg,
20 juillet 2002
Hihi ! toi, tu as lu le n° 10 de PLPL (papier), c’est plutôt une bonne référence ! Pour le fond , je n’ai jamais lu ces merdes de journaux sur papier glacé et j’ignorais même qu’ils avaient osé passer au cyber ! (je pense à Technikart). Personnellement,je reproche à l’article de Lefayot ( !) son manque de gros mots. Fulminez, bordel !
> Déception,
Lefayot,
20 juillet 2002
Ca part d’une bonne idée : montrer à quel point nombre de magazines culturels disponibles sur Internet ne sont jamais que de pâles imitations de leurs équivalents papier Ca me rassure. Si effectivement tu as compris que c’est ça, le fond de l’article, je peux me recoucher tranquille. "Eh coco, apprends l’orthographe Puissant comme argumentaire. Désolé, on a pas les moyens d’avoir des relecteurs. au lieu de tartiner façon Sollers Sauf que Sollers n’ecrit pas comme ça. Mais c’est pas grave bonhomme, on est deja à la moitié de ta reaction, et on attend une remarque pertinente. T’as de l’avenir dans le webmag KUL, toi ... et pensent que l’on ne peut pas faire des phrases simples parce que la réalité est "complexe" Ah ! L’argument fetiche des analphabetes :-) ! Les phrases trop compliquées = ce que j’ai pas compris. L’auteur véhicule l’idée que toute publication parlant de culture et destinée à être vendu ne serait que Kultur Commence deja par nous dire ce que tu as compris par Kultur (qui a priori ici veut exactement dire la même chose que ’culture’ dans ta phrase). C’est pour le moins discutable. Commence deja par definir de quoi tu parles (cf plus haut) et surtout discute en ; c’est vraiment dommage parce qu’on tenait un embryon d’argumentation là ... avec du travail, on aurait eu un article potable :-) Mais on attend que toi bonhomme (et deja au niveau des forums) ! ma réaction est mal écrite, mal argumentée, Disons plutot qu’elle est ni ecrite, ni argumentée Mais l’essentiel y est. L’essentiel de rien, c’est quoi ? Allez, treve de mechanceté, ecrit nous un truc plus mordant MAIS en argumentant 5 minutes plutot qu’en restant dans le vague sans risque.
> Déception,
25 juillet 2002
Hmm, t’es un peu dur avec notre ami Lefayot la. C’est un petit pitre contestataire du quotidien. Tu ne px pas lui demander la coherence. Est-ce que tu demandes a ta femme de menage de restaurer ta collection de toiles de maitres, epoque renaissance ou autre, hmm ? Ok, le passage " Et l’interactivité alors ? Il est vrai que généralement ces sites offrent des forums à quelques oisifs qui « ont des choses à dire ». Soyons clairs : les dits forums servent essentiellements de défouloirs à frustrés et/ou de bac à sable ; d’autant plus que les rédacteurs y interviennent rarement, laissant les pour ou contre Godard s’insulter à un niveau qui frise la garderie. Les forums ne sont alors rien d’autre qu’une sorte de service obligatoire, qui ne mange pas de pain, mais dont personne ne semble vouloir faire quelque chose, un goody démagogique qui rajoute une couche de démocratie participative plurielle qui fait bien épinglée au veston. Rien de plus, rien de moins. Rien de rien, en fait. " est inquietant d’autocritique inconsciente, mais et alors, hein, et alors ? c’est bien comme ca qu’on l’aime Lefayot. c’est qd il se tire une bonne balle ds le pied. Il se vide le chargeur meme. S’il pouvait, il se prendrait une bombe H en supositoire. Mais reste que je le trouve drole, moi, ce pitre. J’ai meme forwarde a mort son article ds mon entourage : succes geant. Tout le monde se poile. On dirait un personnage de dessin anime ce Lefayot. il braille, il braille, il braille. ca gesticule, ca fait des jeux de rhetorique. Argh, c’est trop top. Un peu comme un poisson pris au bout d’une ligne : c’est bien le seul a y croire encore. Mais c’est tjs drole ces derniers spasmes qui trouvent leur energie dans un espoir absurde. Et puis aussi il faut savoir etre condescendant avec les chiens de garde - oui, bon, ok, la c’est plutot un roquet de garde, ok, ok - parce qu’on ne sait jamais, il critique tellement que statistiquement parlant peut etre qu’un jour ils vont sortir une critique pertinente et constructive, qui sait... faudrait surtout pas la rater ce jour la. Serait trop bete... D’ailleurs regarde, on est tous la a lui ecrire a ce Lefayot. Pourquoi donc ? Parce que secretement on l’aime bien. Ca souffrance nous attendris un peu il faut bien le dire. Ne nous faisons pas plus dur que nous le sommes. Il faut essayer de le comprendre. Evidement tu vas me dire qu’il n’y a pas tant que ca a comprendre. Bon, ok, sans doute. Et l’interesse va te dire que c’est toi qu’est une tanche et que tu ne comprends rien et que tu es vile hypocephale aveugle. (J’ai bien connu un hypocephale aveugle un temps, il etait tres gentil au fond). Well, reponse classique mais pleine vigueur, de fraicheur naive. Et puis aussi toujours et toujours ce diktat du sens. Flute a la fin. Vive le non sens ! Be free ! Et en ce sens notre pitre de Lefayot est un grand liberateur. Il a le courage de l’inconscient de ne pas s’embarasser pas de details. Bon je summarize pour ceux qui se sont endormis, ceux qui ont lu en diagonale, ceux qui aiment les resumes et puis tous les autres pour ne pas faire de jaloux : ce petit Lefayot est tout de meme assez drole te piquant et on lui excuse sans ses petites brailleries d’adolescents. P. S. : en plus les fotes d’ortographes, c’est tres bien, c’est tres democratique. Ca met tout le monde au meme niveau : c’est bien quelque chose que tout le monde partage non ? VIVE LEFAYOT !!! LeVilain |
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> Quand j’entends le mot « Revolver », je sors ma Kultur
> Quand j’entends le mot « Revolver », je sors ma Kultur,
Lefayot,
21 juillet 2002
>et hop,
Jedi,
22 juillet 2002
Y’avait plus de PQ aux bains l’autre soir, à la place, des pages de technikart .... Voila le passage : "Le webzine français spécialisé dans la masturbation intellectuelle en ligne devient de jour en jour plus indigeste, verbeux et -horreur !- consensuel. Des journalistes planqués derrière l’anonymat y déversent une loghorrée qui trahit la frustration classique du nombre de signes limités que leur accordent leurs employeurs. Tout thème original semble proscrit puisque les propriétaires autoproclamés du label "web indépendant" parlent exclusivement de mondialisation, de censure et de liberté d’expression. On retrouve l’ensemble de la sphère "syndiquée" Uzine sur L’autre portail (www.rezo.net)" C’est le passage en entier (quelle mémoire !), l’article est : "Le big bang des webzines" ... Torchikart n°62 (les nouveaux croisés)
Merci, merci ...,
Lefayot,
22 juillet 2002
Bon, ben, ça manque de niak, tout ça .. Ils auraient quand même pu faire un peu plus méchant. Sans compter que ce sont toujours les mêmes reproches (qu’est-ce que je suis auto-proclamé quand même !), sans compter les journalistes camouflés, ce qui ne peut que faire rire quand on y songe ... Merci, encore, cher Jedi ...
> j’oubliais ...,
Jedi,
22 juillet 2002
De rien, je n’ai fait que mon devoir ! ça manque effectivement de niak, mais il y a un graphique au centre de la double page qui, remplaçant les abscisses et les ordonnées par "drôle/gavant" et "ringard/pointu", place uzine en ringard/gavant, juste derrière transfert.net .... précisons que le plus/mieux revient à parissi.com qui se retrouve drôle et pointu, normal pour un city guide gay, non ? ;o)
Ta Kultur en short au Prisu (was : "Merci, merci ..."),
22 juillet 2002
> Sans compter que ce sont toujours les mêmes reproches Difficile d’innover dans la critique bien connue du discours construit dans lequel une personne réalise une médiation entre un supposé savoir/constat/etc. et un public généralement supposé incapable de faire sa propre opinion sans assistance. L’alibi selon lequel le niveau de langue du médiateur garantit tant à la fois sa qualification à ce faire et son acceptation des règles régissant l’expression ("respect de la langue française") commence à s’user. Mais puisqu’on parle de Kultur, est-on bien certain qu’un procédé d’expression donné s’applique mieux que tout autre à l’exploration des limites de ce premier procédé ?
> Ta Kultur en short au Prisu (was : "Merci, merci ..."),
Lefayot,
22 juillet 2002
Difficile d’innover dans la critique bien connue du discours construit dans lequel une personne réalise une médiation entre un supposé savoir/constat/etc. et un public généralement supposé incapable de faire sa propre opinion sans assistance Bien sur que si, on peut. Par exemple au lieu de seriner "Jospin est un trotskyste qui veut faire la revolution", dire pour changer "Jospin est un extra-terrestre qui veut se gorger de nos precieux fluides vitaux". Les deux assertions sont fausses, mais l’une est vraiment usée. De plus, Technikart est composé de mediateurs, justement, qui s’adresse à un public supposé incapable de faire sa propre opinion sans assistance. Ils sont assez mal placés pour reprocher ça à quiconque. L’alibi selon lequel le niveau de langue du médiateur garantit tant à la fois sa qualification à ce faire et son acceptation des règles régissant l’expression ("respect de la langue française") commence à s’user. C’est pas que je sois contre, mais la recusation en bloc de cette assertion, assure en pratique la promotion des arrivistes incultes mais demagos (et c’est vrai depuis au moins la nuit des temps). En plus, le niveau de langue etc est un indice pas une preuve de qualification. Il faut juger sur piece, et ce serait trop facile de demonter le n’importe quoi de Techno-nanard. On peut aussi faire de même avec l’article, mais, justement, il faut le faire, pas se contenter d’une analyse générale, pas fausse d’ailleurs, mais dont on peut interroger la pertinence dans le cas d’espece. Mais puisqu’on parle de Kultur, est-on bien certain qu’un procédé d’expression donné s’applique mieux que tout autre à l’exploration des limites de ce premier procédé ? J’ai pas tout compris (faut etre un peu moins allusif), mais il est malheureusement contre revolutionnaire d’avouer qu’un minimum de conceptualisation se double d’un langage un minimum precis, qu’on evitera de peupler de mots informes et polysemiques, comme "ringard", "connard", "bouffon", etc.
> Ta Kultur en short au Prisu (was : "Merci, merci ..."),
23 juillet 2002
C’est pas que je sois contre, mais la recusation en bloc de cette assertion, assure en pratique la promotion des arrivistes incultes mais demagos (et c’est vrai depuis au moins la nuit des temps). La "promotion d’arrivistes incultes" en soi n’est pas gênante, ni socialement dangereuse tant qu’ils se contentent de répandre des encres toxiques sur des arbres morts. Plus leurs discours sont visibles, plus chacun a sa chance de trouver dans leurs discours des raisons objectives corroborant ses sentiments profonds. Moins ils sont compétents, plus il est facile de deviner les pré-supposés qui se cachent sous leurs discours. à contrario, les cryptodiscours assurent certes la présence sociale d’une vision ou d’une autre, mais n’en assurent nullement l’avenir. Une exception notable existe lorsque ce cryptodiscours reçoit l’appellation de "publication scientifique", car il valide par son existence de futurs discours qui s’appuient sur lui. C’est ainsi que naissent les doctrines sociales sans issue (les plus dangereuses restant celles qui ont par nature des affinités philosophique avec la centralisation du pouvoir, donc propres à flatter les puissants de leur époque, mais cette caractéristique est bien la seule qui les différencient les uns des autres par le fond, et non pas par les méthodes). Donc, vivent les Kultureux, et merci à eux de nous montrer quotidiennement à quel point ceux qu’ils servent nous méprisent.
> Ta Kultur en short au Prisu (was : "Merci, merci ..."),
Lefayot,
23 juillet 2002
Si j’ai bien suivi ce que tu me dis, on peut distinguer deux sortes de discours :
Dans ces conditions quid du discours de vérité (ambiance "le ciel est bleu") ? Deux hypothèses :
En résumé, je pense qu’on peut se ménager un espace de "liberté" dans le sens qu’il est possible de distinguer des discours cohérents/conséquents (independamment de l’adhésion au dit discours) de discours à la fois informes, incohérents, echolaliques et ininterrogés (les Kultureux). A cela, il faut ajouter une composante esthétique, qui fait qu’un discours de Kultureux est un discours usé, mal foutu, pitoyables, inésthétique (ce qui est un comble !) et d’une certaine manière ringard. On peut rejoindre là Orwell pour s’énerver devant la dissolution de la langue dans le cliché, cliché toujours appauvrissant, et qui promeut, evidemment les imbeciles besogneux.
> Ta Kultur en short au Prisu (was : "Merci, merci ..."),
24 juillet 2002
Il peut exister à mon avis d’autres formes d’expression, voir d’autres types de discours, que les deux seuls types décrits. S’exprimer ou discourir est (normalement) un acte social avant tout, et non pas l’acte de matérialisation ou révélation de quelque forme de vérité que ce soit. Par ailleurs, s’affranchir de la doctrine relative au langage localement applicable (le français de chez nos académiciens à nous) permet d’élargir le champs de ce qu’on peut exprimer. Sans aller chercher bien loin, le rap exprime bien plus que le seul sens de ses paroles, notamment parce qu’il s’inscrit dans la logique d’un acte social, d’une existence, d’une expérience et non pas dans l’assemblage de mots. On peut noter sur ce point l’inanité de vouloir décrire un phénomène (la Kultur) qui se définit en s’affranchissant d’un modèle donné en utilisant précisemment ce modèle dont on s’affranchit. Je crois que s’il y a une relation entre parole et vérité, il n’existerait pas de Kultur. Pour repartir de la thèse de Sartre selon laquelle la littérature ne peut être au service de l’infamie ("Qu’est-ce que la littérature"), je crois qu’on ne peut pas à la fois accepter l’existence de l’infâmie et prétendre qu’il existe une relation entre discours et vérité sans rejeter toute la thèse de Sartre, qui a le mérite de fournir de nombreux arguments à abattre.
> Ta Kultur en short au Prisu (was : "Merci, merci ..."),
Lefayot,
24 juillet 2002
Il peut exister à mon avis d’autres formes d’expression, voir d’autres types de discours, que les deux seuls types décrits. Tout discours présuppose en général une véracité chez ce qu’enonce l’élocuteur. A l’indicatif, tout discours dit une chose implicitement vraie. A mon avis. Qu’il soit acte social par ailleurs ne contredit pas cette assertion. le rap exprime bien plus que le seul sens de ses paroles, notamment parce qu’il s’inscrit dans la logique d’un acte social, d’une existence, d’une expérience et non pas dans l’assemblage de mots. Oui, mais on s’en fout un peu, non (que ce soit un acte social et/ou une experience) ? Un pigiste de Technikart qui pige s’inscrit dans la logique d’un acte social, d’une existence. Idem pour un academicien. Ce n’est pas ça qui va nous renseigner sur le degré « d’interet » du discours. Je dirais même que se rabattre sur le social pour juger d’un discours est justement profondemment Kultureux. Ou plus exactement est un moment du Kultureux (surtout d’Etat). Pour repartir de la thèse de Sartre selon laquelle la littérature ne peut être au service de l’infamie Bien sur que si. Je pense personnellement qu’il n’y a aucun rapport entre rapport entre littérature et vérité. Mais il est vrai qu’il y a bien longtemps que j’ai lu la these de Sartre, et que je l’ai oubliée. Mais pour tout dire, je ne vois pas trop le rapport avec le sujet initial. Mais peut-etre peux-tu m’éclairer ?
> à mon avis ...,
Jedi,
24 juillet 2002
> à mon avis ...,
25 juillet 2002
> watzaï,
Jedi,
25 juillet 2002
> watzaï,
26 juillet 2002
> le bois ne rend pas les coups Ceci explique certainement qu’on soit socialement vu plus grand mort que vivant : un vivant défend la complexité de sa pensée et refuse de devenir une arme pour idéologue, et les idéologues, ce n’est pas ce qui manque. (Mais j’ai juste signalé qu’à mon humble opinion, un mort avait écrit un bouquin qu’il convenait de pouvoir contredire avant de valider certaines affirmations du discours : je n’irai pas jusqu’à interpréter ou extraire de douteuses citations dudit bouquin).
> high kick,
Jedi,
26 juillet 2002
Certes...,
Asami Chiaki,
24 juillet 2002
Je reste perplexe face au message précedent. Peut-être est-il trop allusif pour que je le comprenne : j’avoue ne pas connaître l’ensemble de la théorie littéraire de Sartre. Peut-être aussi utilise-t-il un vocabulaire et une syntaxe trop compliquée pour moi. Pourtant, après une khagne assaisonnée à la sauce Bourdieu, je croyais être paré face au jardon sociologique ou littéraire. Cependant, il me semble comprendre quelque chose. D’une part, que ce message aligne en passant quelques évidences, en particulier quand il dit que le rap exprime plus que le seul sens de ses paroles. Qui, en effet, pourrait dire que la peinture a pour sens le simple assemblage de ses couleurs, la musique le simple assemblage de sons ? Pourtant, en peinture et en musique, il existe des gribouillages, du bruit. Mais surtout, il existe de pâles copies qui veulent se faire passer pour des originaux, des peintres qui n’ont rien à dire mais qui sont célébrés par des gens qui n’ont pas la culture suffisante pour voir que le langage de ces tristes sires est un collage d’éléments empruntés. Ils sont nombreux, ces artistes de second ordre, qu’un certain milieu n’admire que parce qu’ils lui renvoie ce qu’il a appris à admirer. Et c’est, je crois, précisément cela qui exaspère Lefayot : toute l’attention portée à ces représentants d’un académisme de l’avant-garde, célébré à l’envie dans Technikart ou Télérama, par des aveugles qui croient avoir trouvé des borgnes. Feu Bourdieu poufendait souvent ce qu’il appellait la "cuculture". Elle se venge aujourd’hui en le récupérant et en le dénaturant. Je crois pourtant qu’il est possible, et légitime, de parler comme le fait Lefayot d’une Kultur, dont l’idéologie dominante mélange le nombrilisme, l’idée que tout est culture et que toutes les cultures se valent, et celle que la culture peut s’acquérir sans effort. Je ne pense pas qu’il soit besoin d’avoir recours à Sartre pour écraser ce genre de noix. Un peu de bon sens et d’ironie suffisent.
> Certes...,
Asami Chiaki,
24 juillet 2002
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