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> Val tragique à Charlie : un mort
27 septembre 2001,
message de Myk
Ben moi je bosse dans le web depuis 2 ans et demi ; Peut-être que j’ai pas assez bien lu son édito au val ; J’ai pas encore lu vos nombreux messages et les reproches faits, il y en a trop. Bref en tant que professionnel du net pour une petite boite, avec les moyens du bord, en totale indépendance financière et en bossant 12 heures par jour quand c’est requis, les raisons de Val pour ne pas mettre Charlie Hebdo en ligne, je les comprend complètement. Charlie Hebdo c’est pas Robin des Bois, et ils n’ont absolument aucune raison de se lancer dans le net si cela devait remettre en cause leur intégrité économique, leur équilibre financier. Les médias qu’ont le veuille ou non restent des entreprises avec des objectifs de profits. Créer et entretenir un site web coûte cher et surtout ça ne rapporte rien. Pourquoi ? A cause des mégalos à la Arnaud qui ont cru qu’avec leurs milliards ils allaient s’accaparer le web, un nouveau moyen de com, un nouveau moyen de contrôle des masses. S’il y en a qui n’y connaissait rien c’était bien ces ânes batés à l’égo sans fin. Ce qu’ils ont réussi : ils ont professionalisés des services gratuit. Résultat, plus personne ne veut payer quoi que soit sur le net et plus personne ne veut y bosser bénévolement car au-delà de la passion, c’est énormément de boulot. Donc je suis d’accord avec Val. Si on veut pas s’abandonner au marketing direct, on l’a dans l’os. Et même si on opte pour la pub à gogo, les emails de promo, les spams etc... Ca suffit pas de toutes façons. Evidemment quand le web est un passe-temps (en tant que producteur ou utilisateur), on ne peut pas s’identifier à ses propos. Quand c’est le gagne-pain et qu’on regarde la situation de plus en plus désespérée de la Net Economie depuis le crash de boo.com, et ben là, en tout cas moi, je le comprend Val et je lui suis même reconnaissant d’être transparent sur l’entreprise Charlie Hebdo. A propos de Boo, tiens, j’en faisais partie, ils ont fait très très fort eux : 600 Millions par les fenetres en 1 an, y avait meme pas un site en ligne et 300 personnes qui glandaient dans des bureaux luxueux sur Carnaby Street ... terrifiant, l’extrême de la net éco, merci Arnaud - l’autre extrême c’est où je bosse en ce moment : 10 ans de vécu, pas d’argent extérieur, bcp d’huile de coude et des services payants pour nos internautes (Ca marche très fort aux UK, pas en France -nous faisons des jeux et à cause du monopole de la Françaises des jeux, en gros on l’a dans l’os, du coup on arrête la France, dommage). Conclusion : la première raison de val elle est bonne ! La deuxième, ben il pas tort à 100%, là où il a tort pour moi c’est de dire que c’est une raison pour pas venir alors que ça devrait justement être une raison pour y venir ! Pour la régulation démocratique mondiale, là il va loin dans la connerie, il rêve grave, il bat tous les records de démagogie, très fort. Un démago comme moi ne peut être qu’impressionné. Ca pourrait être un dialogue de marionette des guignols sa dernière phrase. Ok je comprends pourquoi vous vous payez tous sa face ! J’ai bien de fait de relire, je crois que je m’étais arrêté à l’explication financière et médiatique ! |
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> N’en jetez plus !
5 février 2001,
message de Pierre Pezziardi
Bon, je crois que Val a eu sa dose, l’erreur est humaine, un gars qui publie une chronique polémique hebdomadaire a à mon sens le droit de se planter. Pour essayer de tirer quelque chose de constructif de cette affaire, zoomons sur le problème intéressant que soulève (mal) Val : Internet ne crée finalement que peu d’échanges constructifs. Car c’est là où il y a confusion, entre l’Internet grand public (le surf de base dans l’espace AOL, sur les forums AOL et les boutiques AOL) qui représente 99% des gens, et l’Internet des pages persos, de la réflexion posée, respectueuse, empathique, rationnelle. C’est toute la différence entre ce forum sympa et le forum de Boursorama, entre mon salon et les chiottes du PMU d’en face ! Il n’y a pas de graffiti "PSG enculé" ou "aux chiottes les XXX" chez moi. C’est normal, on est pas dans un espace anonyme, et les gens qui y viennent ont une certaine déontologie de l’échange. Et aujourd’hui, c’est VRAI, une large majorité du contenu vu est soit marchand, soit de piètre qualité. Ce n’est pas une raison pour nier qu’il existe du contenu d’excellente qualité, le problème c’est qu’il ne représente qu’une infime part des pages lues. Dès lors qu’on accède à la masse, l’esprit se pert. La foule n’a pas d’âme. Ou si, elle adhère aux principes des gros acteurs du Net, ceux dénoncés par Val : absence de réflexion, mercantilisme, voyeurisme, etc. Et c’est ici qu’il faut lancer le débat pour susciter l’action : comment par exemple faire que ce forum soit visible dans des portails à haut trafic ? Comment susciter des débats politiques intelligents et en valoriser les conclusions (par exemple j’ai cru un moment à l’initiative respublica.fr ... mais c’est malheureusement pitoyable de bassesse et de finalité ultra-mercantile) ? Car (et je m’arrête !), c’est un enjeu réel face aux multinationnales qui feront 98% du réseau (visible) de demain : un espace immersif où tout contenu est destiné à susciter une transaction. Oui, ce sont aujourd’hui les stratégies des grands groupes industriels et médias.... que fait Charlie Hebdo !!? ;-)
> et 99% de la télévision et de la presse, c’est de la merde,
severino,
19 février 2001
Ce que tu dis du net, à savoir qu’il y a 99% de merde -c’est largement exagéré-, est vrai en ce qui concerne la presse, la télévision, la radio... Pourquoi alors s’attaquer spécifiquement au net. Et puis, il y a un malentendu que j’aimerai dissiper : ce n’est pas parcequ’un site n’est pas militant, qu’il concerne les jeux vidéos, le jardinage, les produits de beauté, l’informatique, l’électronique, la bande-dessinée, la couture... qu’il est une merde finie. Il se crée sur le net des communauté de passionnés par un thème commun... et c’est même la majorité des sites. Ces réseaux humains permettent sur un sujet précis beaucoup plus de compétence, d’esprit critique, de participation que les autres médias. Le discours médiatique et la publicité startupienne crée une distorsion de la réalité en ce qui concerne Internet. Oui bonnes gens, on vous ment. L’alternative est bien vivante, elle est même majoritaire... on en est déjà à un stade que jamais les fanzines et les radios-libres n’ont atteint. On peut en bon militant triste regretter que les mamies américaines préfèrent s’échanger illégalement des patrons (modèles) de brodage plutôt que des manifestes révolutionnaires, mais les nouvelles pratiques de communication de la cyberculture constituent déjà une utopie : celle dont parlait esthétiquement les cybernéticiens, les libertaires, et les situationistes. Mais on n’est plus désormais dans le discours idéaliste, esthétisant et partisan : il s’agit de pratiques non conscientisée et non encore perçues par les militants traditionnelles... et c’est tant mieux. Le prosélytisme militant, comme la publicité, réduisent le vécu à des images figées et tristes, qui sont finalement contre-productive en détruisant le désir avant qu’il émerge. C’est un peu exagéré, mais il fallait bien que je me venge de ce discours répété comme un leitmotiv, "Ce que fait le mini-rezo, c’est bien, mais avouez que tout le reste c’est de la merde". He ben, non, bande d’élitiste, le reste ce n’est pas que de la merde, loin de là. Ahhhh. Comme direz Val, ça soulage. Allez hop, je tire la chasse d’eau :-)
> et 99% de la télévision et de la presse, c’est de la merde,
19 février 2001
> et 99% de la télévision et de la presse, c’est de la merde,
Pierre Pezziardi,
20 février 2001
Je suis bien évidemment d’accord avec toi, le Net est une chance par rapport à la TV ou aux radios, puisqu’à leur différence, il autorise un canal retour ... donc la création de communautés. Maintenant tu n’as pas répondu à ma question : comment faire en sorte que ce forum soit visible dans des portails à haut trafic ? Comment susciter des débats politiques intelligents et en valoriser les conclusions ? Plus généralement, comment faire en sorte qu’une communauté donnée, qui comme tu le soulignes "..Ces réseaux humains permettent sur un sujet précis beaucoup plus de compétence, d’esprit critique, de participation que les autres médias...", arrivent à constituer des pôles d’expertise forts, soie reconnue et écoutée, par le politique et le secteur privé, qui du reste en feraient partie.... ?
> et 99% de la télévision et de la presse, c’est de la merde,
Trivier Brenand-Henry,
28 mars 2001
Le mieux, camarade, c’est sans aucun doute de se mettre à l’orthographe. Oh ! je me demande brusquement si je ne suis pas passé à côté d’une note d’humour !!! Les Jeux vidéo ne sont pas de la merde ; c’est un fait. Merdeux, cependant, sont ces jeux vidéo qui exercent à la violence décérébrée, à l’holocauste virtuel à longue distance et autres courses folles au coeur de la ville affolée. je ne connais pas beaucoup de jeux vidéo qui invitent à la critique et exercent l’habileté manuelle au delà de la centaine de geste normés et finalement normatifs. Hé oui, je crois que beaucoup de ces jeux préfigurent le vocabulaire gestuel de notre très proche avenir. Pauvre et limité à satisfaire des fonctions immédiates et rationalisées, ce vocabulaire sera accompagné d’un correcteur de maladresse destiné à donner le sentiment à l’usager de maîtriser l’art après avoir surmonté sans effort les difficultés de la lettre. Quant à juger du contenu du web ... Il y a un mot qui me vient à l’esprit : "pléthore". La diversité n’est plus. Il me semble que le voyageur du web a quelques solides liens de parenté avec l’usager des voyages exotiques à peu de frais. A trente cinq ans il a "fait" tous les pays et confond la cochonerie ramenée d’Uruguay avec celle marchandée sur la plage de Popenguine. Ca n’a dailleurs rien d’étonnant, ces menus objets du patrimoine artisanal indigène sont induits par les intrusions exogènes ; entends : les voyageurs à moindre frais eux même. Hé bien, le Oueb c’est pareil, la page porno australienne et la page porno péruvienne sont semblables et resemblent très fort à la page culinaire espagnole qui tient pour moitié de la page "le lièvre, protection, destruction" disponible en France. Allez, je ne suis pas rat, après quelques années de surf j’affirme que 99.5% du Web visible et immédiatement abordable c’est de la merde. Mais on peut certainement changer ça !!
> > et 99% de la télévision,
le déserteur,
4 février 2002
la difference majeure qui subsiste entre la télé, la radio et le web est que internet n’a pas encore parfaitement installé ses bases dans les moeurs des masses. Ainsi, il faut dévier le tir avant qu’il ne nous touche. les médias "classiques" comme la radio ou la télé sont gérés par quelques patrons de chaines, pourris certes, mais tenus de ne pas passer a l’antenne des feuilletons vantant le nazisme ou la pédophilie, la fabrication de bombe ou encore la pornographie a toute heure. Le web est laissé a une "autorégulation" à la con, issue des théories libérales, qui, on le voit à la moindre connection, ne peut pas marcher.
Mais alors, comment gérer cet outil qui pourrait etre formidable. Il nous faut tous réfléchir à cela et ne pas nous laissé aller à des reveries utopique concernant le web qui aujourd’hui est loin d’etre propre.
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> Val tragique à Charlie : un mort
5 février 2001,
message de Fred
Ce qu’il ne faut nier en aucun cas, et ce qui ressort à juste titre de l’article "Val tragique à Charlie : un mort", c’est la capacité critique du lecteur et de l’internaute. On apprend ça dans les cours de base de sociologie des médias et de la communication et c’est l’erreur principale de Val. Non, le lecteur de la presse ne prend pas tout ce qu’il lit pour argent comptant, il réagit, il interagit avec l’article qu’il lit. Non, l’internaute ne prend pas tout ce qu’il voit et lit pour argent comptant, il se fait sa propre expérience, finit par savoir déjouer les bidonnages et les arrières-pensées malsaines, vos messages à tous prouvent que vous n’êtes pas passifs, que vous êtes réactifs. Val participe de ce fantasme de la propagande qui n’est pas nouveau. A l’époque de Gutenberg déjà, circulaient des pamphlets et des attaques contre le livre, contre les premières gazettes et écrits périodiques et contre les écrits anonymes qui allaient manipuler le lecteur sans que celui-ci puisse réagir à son auteur. Quand le cinéma, la radio et plus tard la télévision sont apparus, on a vu toute cette attaque rapparaître sous la plume d’éminents sociologues, qui utilisaient tout comme Val la référence aux régimes fascistes. C’est la peur de la propagande, de la manipulation. Oui, cela peut inquiéter mais il faut toujours garder à l’esprit que si une propagande fonctionne, c’est en partie parce que la société qui la reçoit est préparé à abonder dans son sens. Avant Goebbels, la société allemande était déjà parcourue de références racistes et antisémites, et les explications faciles de tous les maux de l’Allemagne qui circulaient dans la presse d’extrême-droite rejoignaient celles des ouvriers et des patrons attablés aux brasseries munichoises. Personnellement, j’entends tous les jours les médias encenser le libéralisme et je ne me sens pourtant pas emporté par la propagande. Internautes, lecteurs, téléspectateurs, nous ne sommes pas pour autant hors du monde social et des liens entre hommes qui nous permettent de dialoguer et d’élaborer nos propres critiques du système. Arrêtons de prendre les êtres humains pour des cons et des victimes. Nous subissons certes des influences mais nous sommes aussi acteurs et maîtres de nos valeurs. Fred |
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Qui sont les internautes ?
2 février 2001,
message de groue
Bonjour. Je voudrais rappeler un chiffre que j’ai entendu hier à la radio : 40% des internautes (en France) ont un revenu mensuel supérieur à 20000FF. C’est ce public, riche (a priori peu dégoûté par le commerce en ligne), qui est ciblé par les annonceurs du net. En général, les annonceurs font d’une pierre deux coups : non seulement ils veulent fidéliser les internautes, mais aussi inciter les non-connectés à devenir modernes, et se brancher. Vous aurez noté aussi que la netétiquette est très peu mise en avant par les fournisseurs d’accès. Je parle de la netétiquette parce qu’elle est un bon indicateur pour savoir si une personne s’intéresse aux ressources cachées du net, ou pas ; si elle est prête à faire quelques efforts de curiosité et de recherche devant le réseau qu’elle accepte comme potentiellement surprenant, voire contradictoire avec ses propres idées et habitudes. Bref : je voulais dire que le net décrit par Val *est* le net *avant la découverte des sites alternatifs/intelligents/etc*. J’ai l’air de signifier qu’il y a un internet par internaute... Et bien oui, l’idée ne me paraît pas aberrante, de même qu’il y a une planète Terre par homme : personne ne connaît tous les Etats, tout le monde n’a pas vu tel endroit, etc. Contrairement à ce que j’ai lu dans votre édito, il m’est paru à moi que pour une fois, Val ne parlait pas à *son* public, mais bien au contraire à tous les lecteurs de Charlie aussi nouveaux que lui sur le réseau des réseaux. Excusez-moi pour la concision de ce message, qui laisse bien des raisonnements dans l’ombre... Gw
> Qui sont les internautes ?,
2 février 2001
> Qui sont les internautes ?,
Kenjical,
7 février 2001
Excuse moi bonhomme, mais j’ai beau me situer dans la moyenne supérieure des CSP que tu décris je n’en suis pas pour autant un pachyderme consumériste dénué d’esprit critique à l’idéologie précocement préconstituée. je ne suis pas encore non plus qu’un jeune libéral précocement décati par le fric et devenu gâteux droitisant plus tôt que de raison, selon le principe ineluctable d’une courbe d’apprentissage m’y poussant fatalement. Je ne considère pas non plus être un archétype de l’internaute mais je pense qu’Internet est aussi un défi à l’intelligence, à la curiosité, à même de pouvoir pousser à chaque seconde qui passe ces 40% dont tu parles vers des lumières critiques, certes insoupconnées mais rémanentes : pour parler normalement, internet c’est aussi l’info qui demeure, internet c’est aussi les joies de la sérendipité, trouver ce que l’on ne cherchait pas... et ca c’est structurel. Internet est une chance pour autant que contre le marketong. En bon libéral on pourrait même penser qu’Internet est une chance laissée non pas qu’au plus rapide à faire du fric, mais aux plus mobiles, aux plus fouineurs. Maintenant si des masses consuméristes avides se massent par troupeau vers les produits-mirages, c’est la société de lemmings et les principes de toute capacité critique en général qu’il faut interroger. Faut-il rappeler qu’Internet est un médium avant tout, certe pas comme les autres. mais un média qd même. Avnat de poser la question "qui sont les Internautes" on en revient au problème de la compréhension de fond objet de ce débat : qu’est ce qu Internet... |
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> Val tragique à Charlie : un mort
28 janvier 2001,
message de jean-no
L’article d’Arno me semble à peu près tout dire, y compris, en filligrane, le fait que la presse traditionnelle se trouve confrontée, grace au net, à certaines de ses contradictions : la liberté de parole doit être garantie, mais quand même pas à n’importe qui... Si je voulais aujourd’hui lancer un hebdomadaire satyrique et politique, il me faudrait de l’argent, beaucoup, il faudrait que je m’immerge dans des complications logistiques difficiles à improviser : financement, impression, diffusion, visibilité... Et tout ça, sur Internet, ça ne me coûte pas grand chose, ça ne m’est pas très difficile, et, j’en ai peur, ça remet en cause l’évolution du fonctionnement de la presse depuis deux cent ans tout en opérant, à l’avenir de nous le dire, un salutaire retour aux sources. La charge arrière-gardiste du canard ou de Charlie contre le net, mal renseignée, partiale, n’a rien d’absolument surprenante, mais il est tout de même dommage qu’il ne sachent jamais ou à peu près jamais saluer ce qui va dans le sens de ce qu’ils dénoncent.
> Val tragique à Charlie : un mort,
le même,
28 janvier 2001
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> Val tragique à Charlie : un mort
24 janvier 2001,
message de Ouaives
Que de tapage pour un seul article Fidèle lecteur de Charlie et internaute acharné, je trouve l’animosité envers Philippe Val totalement déplacée. Honnêtement, je partage son point de vue sur l’internet. On ne peut pas créer et faire vivre un site Internet uniquement grâce au bénévolat, ou alors pas longtemps. Et comme les internautes (moi en tout cas) ne sont pas prêts à mettre la main au portefeuille pour accéder à de l’information en ligne, il n’y a pas d’autre issue possible que la publicité ou l’appartenance à un grand groupe de presse ou autre. Dans ce cas, où est l’indépendance ? Des sites comme UZine sont très bien mais, avant cette affaire, je ne le connaissais pas. Et Uzine, dont le travail est très intéréssant, pourrait-il réaliser des enquêtes comme le fait Charlie ? Je ne le pense pas. Le béénvolat et le militantisme ont leurs limites. Alors plutôt que de tomber à bras raccourcis sur Philippe Val, il vaut mieux prendre son article comme base à un vrai débat sur l’indépendance et la liberté d’un site Internet. |
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> Val tragique à Charlie : un mort
23 janvier 2001,
message de Emmanuel
Désolé, mais Philippe Val a raison dans toute la première partie de son intervention : un site Web éditorial n’est pas rentable pour un groupe de presse. Pour réfléchir sur la rentabilisation d’un site officiel Charlie Hebdo, regardez les stats de CHARLIE HEBDO online (le site non officiel : www.charliehebdo.net) sur son outil de stat gentiment ouvert pour nous montrer l’explosion de l’audience (http://usa1.viewstat.nedstatbasic.net/cgi-bin/viewstat ?name=charlieonline). Avant le début de l’"affaire", il y a avait grosso modo 15 visites par jour, sachant qu’une visite rapporte par la pub environ 1 francs HT (bandeaux, bouons + sponsoring) sur un site bien rempli (ce qui nécessite régie pub, positionnement B2B, promotion auprès des centrales d’achat... tout ce que Charlie n’a pas), un site éditorial ne vit pas. A 1 FF HT la visite, on arrive à 15 FF HT par jour... pas mal. On va passer en annuel : grosso modo 10 KF avec 2 ou 3 sympthisants qui achètent un peu de pub au prix fort pour être sympa... Tout ça étant très hypothétique, car je me demande quel annonceur va acheter de l’espace online sur Charlie Hebdo... Même si un site ne coûte pas 600 KF en version sympa et dynamique, il faut quand même payer la personne qui l’anime et l’hébergement... plus de 10 KF en tout cas, à moins de fonctionner avec des bénévoles et des magouilles, ce qui ne convient pas à Charlie Hebdo, éditeur de presse. Ce que fait un particulier avec des bouts de chandelle coûte vite très cher à une entreprise... Pour la seconde partie de son édito, Val suscite des réactions outrées de tous les internautes "du milieu", pourtant son analyse, certes provocante, est loin d’être fausse. Demandez aux psychologues ce qu’ils pensent des sites persos et revenez me voir... Il faut accepter la vérité en face : Internet n’a pas encore trouvé son modèle économique et sert d’exutoire à beaucoup de monde. Et si vous vous sentez visés, c’est que Val a vu juste... Allez, à la prochaine...
> Val tragique à Charlie : un mort,
23 janvier 2001
Désolé, mais Philippe Val a raison dans toute la première partie de son intervention : un site Web éditorial n’est pas rentable pour un groupe de presse. Ben oui, bien sûr... Au Minirézo, on ne l’avait pas attendu pour dénoncer ce modèle - ça fait, en gros, depuis l’opération "Froid glacial sur la Cybérie", en 97, qu’on s’interroge sur un modèle économique valable... Personne ne conteste cette partie de son édito, c’est ensuite qu’il dérape. Charlie qui traite le secteur non marchand de ramassis de tarés, c’est ça qui fait un peu mal, quand même...
Tes psys, on s’en fout,
Grosse Fatigue,
23 janvier 2001
Assez d’accord avec de que tu dis, sauf que : en quoi ce que pensent les psys des sites persos peut être pris pour de l’argent comptant ? Tu veux savoir ce que, en tant que site perso, je pense des psys ? Les psys m’emmerdent. Sauf le second Freud de Malaise dans la civilisation et de Totem et tabou. en ligne : Les psys, on s’en passe
> Val tragique à Charlie : un mort,
Bidet Casserole,
23 janvier 2001
L’introduction de P.Val sur l’intérêt d’un site pour CH n’était qu’une lourde maneuvre pour ne pas donner l’impression qu’il attaquait droit devant le web indépendant. Val s’en fout d’avoir un site web et je suis encore plus d’accord que lui pour dire que ce sujet n’en est pas un. Ayant évacué ce laborieux préalable, il arrive là où il voulait en venir : flinguer l’idée même que le web puisse servir à des entreprises humaines qui aient d’autres ambitions que la domination, le profit, le stupre, la perversion, le nazisme, la pédophilie... Bon, je vous laisse, je dois aller voir mon psy, il s’inquiète beaucoup à l’idée que je puisse entrer dans un kiosque à journaux plein de femmes nues, de journaux consacrés à la chasse, aux mercenaires, à la vie des princesses, il paraît qu’il y a même des quotidiens consacrés à l’économie...
> Val tragique à Charlie : un mort,
jean françois,
25 janvier 2001
D’abord, les critiques faites à Val ne concernaient pas la question d’un site « charlie ».. Libre au journal de décider d’en faire un ou pas. Ce qui était quand même révélateur dans le propos de Val, c’était l’absence de réflexion sur les finalités possibles d’un site web pour le journal (ce qui me semble un préalable à toute mesure de « rentabilité ») . Bref, comme le souligne B.C, Val a pris ce thème comme un prétexte pour introduire son attaque contre Internet. Mais ce qui est profondément choquant dans son propos, ainsi que dans le vôtre quand vous parlez « d’exutoire », c’est cette forme de mépris pour les créateurs de sites persos. Réduire les dizaines de milliers de productions personnelles à des oeuvres de défoulement de tarés, de maniaques, d’obsédés etc.. est une analyse tout simplement ridicule . Partager une passion, présenter une réalisation personnelle (artistique, technique ou autre), mettre de l’information à disposition d’autres gens, exprimer des idées, tout cela c’est de l’expression : le web donne pour la première fois à chacun la possibilité d’une expression, directe, sans filtre. C’est peut-être fait parfois de façon maladroite, mal écrite, mais c’est aussi un apprentissage de l’expression qui se fait, qui doit se faire, que ces créateurs font, de leur propre initiative. Leur cracher dessus comme le fait Val est détestable . Son propos est de plus parfaitement injustifié : un site web, ce n’est pas du broadcast : vous allez sur un site, il ne vient pas à vous. Si ça ne vous intéresse pas, vous n’y allez pas c’est tout ! Oui Internet permet de l’échange d’information : de l’information qui n’est pas, qui n’a pas sa place, ou qui n’est plus dans les « médias » conventionnels. Vous dites « demandez aux psychologues ce qu’ils pensent des sites persos »... argumentaire de la même trempe que celui de Val ... globalisation simpliste et sans intérêt : LES psychologues, ILS pensent, LES sites persos... revenez donc, vous, me voir avec des arguments plus factuels.. Val a provoqué, pour se rendre visible... du coup, on parle de lui, dans Libé, sur France culture.. c’est ça qui est important, pour lui ! Plus important que de faire, par exemple, une réponse ici, ou dans charlie, aux critiques de ses lecteurs... jean francois
> stats de charliehebdo.net,
Gilles Hurtebize,
26 janvier 2001
En attendant de trouver un modèle qui "marche" pour Internet, il faut bien que quelques uns se débrouillent avec ce qu’ils ont. Même sans beaucoup d’argent, on peut faire quelque chose ; pourquoi toujours réduire l’existence d’un site à la présence de bandeaux de pub ou non ? Il y en a qui dépensent leur temps libre affalé devant leur TV, d’autres au bistro, dans les embouteillages du week-end, au cinéma, à bricoler sa moto, etc... chacun sa passion : il y a ceux qui consacrent leur temps libre et leur argent de poche à créer ou mettre en place des sites Internet ; et à communiquer grâce à lui. Des tas de types ont essayés de fabriquer des engins qui volent, et qui se cassent la gueule, avant qu’on puisse voir le premier avion voler. Et ils n’étaient pas sponsorisés, j’imagine... Il faut aussi comprendre qu’avant d’avoir le feu vert de Charlie, je n’ai rien fait comme pub pour ce site, ni référencement, ni recherche de liens (ni mention aucune dans Charlie, ce qui aurait certes aidé) ; ça c’est fait tout seul : il suffit d’aller voir les moteurs de recherche pour se rendre compte de tous ceux qui, même avant moi, ont fait leur site pour célébrer Charb, Siné, Willem, etc... Ce besoin existe. Point. Inutile de le remettre en cause. Et un canard comme Charlie n’a pas besoin de grand chose pour être en ligne, j’en sais quelque chose ! Tout au plus, pour éviter la mésaventure arrivée à "La Crème de Canard" (site bénévole, comme le mien, pour le Canard Enchaîné), Charlie pouvait, s’il était "pour", "parrainer" ce site, en l’assurant de sa couverture juridique (par exemple) ; ça ne leur aurait pas coûté cher, et plein de gens seraient content ; et peut-être pleins de gens, ignorant Charlie, auraient pu le découvrir, et foncer l’acheter pour le plaisir de le lire sur papier... (ou parceque le temps d’une lecture avec leur modem 56k leur revient trop cher...). Méditons, ne rejetons pas en bloc. Merci de m’avoir lu.
en ligne : La Crème de Canard
> Val tragique à Charlie : un mort,
PHIL,
31 janvier 2001
Emmanuel ... Excuse-moi de te contredire mais pour les calculs, tu dis un peu n’importe quoi ... Les calculs se font de la manière suivante (exemple pour du B2B) : Pour l’estimation du prix pour mille pages vues |